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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /Nov /2007 17:51
La Braban .....Çonne
doit-on comprendre pour Braban...çonne l'égal de:
Brabant......chanson ???


Pourquoi " Brabant ", pourquoi avoir choisi pour notre chant national le nom de la province centrale de notre patrie. Peut-être parce que là se trouve notre capitale !

Il est vrai que pour leur chant national les Français ont choisi le nom d'une de leurs villes, Marseille, et leur hymne se nomme " La Marseillaise " !

Mais aujourd'hui, que notre province de Brabant est divisée en deux, qu'il y a le Brabant flamand et le wallon, avec son îlot fédéral, dénommé Bruxelles-Capitale, quel nom nos gouvernants comptent-ils donner à notre chant national ? Cet hymne qui a galvanisé nos valeureux soldats, résistants et héros pour défendre notre patrie en 1870, 1914-18 et 1940-1945, va-t-on le changer, l'anéantir pour le remplacer par un chant inconnu de nos ancêtres et aïeux qui ont combattu et sont morts pour sauver notre Belgique et nos droits. Quelle tristesse, quel désespoir pour les survivants de la dernière guerre contre les nazis !!!

Mais par qui et quand fut crée notre hymne national que nous les anciens nous chantions dans nos écoles, avant de commencer nos cours de chants , de musique et de solfège ???

Notre chant national " La Brabançonne " fut chanté la première fois, le 12 septembre 1830, sur les propres planches du Théâtre royal, aujourd'hui Théâtre de la Monnaie, durant l'entracte , par l'un des " comédiens ordinaires " du Roi des Pays-Bas, Guillaume d'Orange. Ce 12 septembre, jour mémorable où la Brabançonne fit son entrée dans le monde, fut également, ne l'oublions pas, celui de la Révolution belge. Le ténor qui chanta cet hymne s'appelait Lafeuillade, c'était un méridional, du canton de Gignac, il avait 31 ans. Lafeuillade triomphait à Paris dans la « Vestale «, dans «Joseph «, dans le « Devin de village «, dans la « Dame Blanche «, dans « Jean de Paris «, dans le « Calife de Bagdad « et dans la «Muette «. Il avait fait parler de lui à Bruxelles, où il était venu deux fois en représentation, comme " Article de Paris ". Depuis en 1825, il avait été engagé pour la saison comme " ténor ", mais il avait jugé bon de retourner à Paris, sans avoir régulièrement résilié son contrat. Il était de ce fait, condamné à des dommages et intérêts, arrêté et il passa une nuit à Sainte-Pélagie, où, paraît-il, on enfermait alors les jolis ténors en rupture de contrat. Cette fugue posait définitivement Lafeuillade dans l'estime de la population bruxelloise. Ce public aimait à pardonner ces frasques à ses ténors gâtés. Elles leur donnaient du piquant, comme les caprices des légères et jolies femmes, quand elles manquent à leurs engagements. C'est grâce à l'autorité d'un tel homme que la Brabançonne fut lancée, lorsque pendant un entracte, les spectateurs supplièrent le ténor adoré de chanter quelque hymne patriotique. Cette Brabançonne composée par deux de ses camarades, le jeune premier Jenneval et le musicien Van Campenhout. Ce fut elle qui mit le feu aux poudres et qui volant de bouche en bouche, sema la révolution dans notre pays et devint le signal de ralliement de nos patriotes. Van Campenhout était, tout à la fois chanteur, compositeur et écrivain. Il avait une voix superbe, il voyagea beaucoup, connut les diligences et se fit applaudir en route. Plusieurs de ses ballets et de ses chants avaient été présentés au théâtre de Bruxelles. C'était un homme d'esprit, s'il faut en juger d'après l'extrait d'une lettre qu'il adressa à un indiscret qui avait révélé la date de sa naissance, le voici:

" Quelle d'idée avez-vous eu là, d'aller exhumer cette date atroce, que vous venez de clouer à mon front sexagénaire ? Quand le fossoyeur a rempli son office, et que le cadavre a reçu sur la face et sur le ventre quatre à cinq pieds de terre, n, i, ni, c'est fini; la farce est jouée. Pour lors les dates peuvent arriver à foison; le défunt n'a plus rien à redouter de l'impitoyable vérité. Si le vieil artiste a conservé, jusqu'au terme de ses derniers travaux, quelques étincelles d'un talent remarquable, oh ! alors !, c'est tout autre chose; on dirait: C'est-il Dieu possible ! quoi ! le défunt avait cet âge-là C'est prodigieux ! prestigieux ! Mais lui jeter au visage et de son vivant, ce terrible 1779. C'est le tuer moralement ....."

Ces réflexions partaient d'une philosophie solide et d'une connaissance assez complète des hommes et des choses. Jenneval par contre fait songer au commencement de la "Confession d'un Enfant du Siècle ", il est né en 1803. Il était, de ces enfants d'une époque fatale et éclatante, enfants qui étaient déçus de trouver une paix après avoir grandi pour les tumultes de la guerre. Enfants faisant partie d'une génération d'une vitalité chaude, qui dirigea tant d'activité vers le bien, et qui donna une puissante impulsion aux grandes agitations morales du 19e siècle.

Jenneval s'appelait en réalité de Chez........ Le chevalier Louis, Alexandre, Hippolyte de Chez À 23 ans, il se fit comédien, cette profession qui crée une vie fictive où les natures riches de générosités et altérées d'illusions peuvent dépenser toute leur énergie. Il débuta à l'Odéon de Paris, puis il vint à Bruxelles. En 1830, pendant la seconde quinzaine de janvier, il débuta à la Comédie française, où, l'on lui trouvait de l'âme, de l'aplomb, de la diction et de l'avenir. Toutefois, il revint à Bruxelles. Mais pourquoi était-il allé cueillir ces lauriers sur la première scène du monde. À qui les rapportait-il ? Faut-il, chez ce comédien gentilhomme " chercher la femme ", ou plutôt son coeur le rappelait-il vers sa patrie d'adoption, cette patrie nouvelle qu'il sentait en train de naître, vers cette Belgique hospitalière ? Il fut parmi les premiers qui jugèrent la crise nécessaire. Il écrivit sa " Brabançonne ", et il la récita à ses camarades, au café Cantoni, près du Grand-Théâtre, où ils avaient l'habitude de se réunir après les spectacles. Van Campenhout en fit la musique et Lafeuillade l'apprit par coeur. Puis, quand elle se fut répandue parmi le peuple, quand elle prit l'importance d'un chant national, Jenneval crut que sa vie ne paierait pas trop cher l'honneur de l'offrir à la Belgique; il alla se faire tuer en défendant la ville de Lierre, dans le corps d'armée de Niellon, et voici un Français qui se fit tuer pour sauver notre pays.

Combien ont répété que la "Brabançonne" manque de caractère ! Il est vrai qu'elle n'a pas l'élan et le jet de la Marseillaise, qu'elle n'a pas le calme menaçant et l'irrésistible puissance de marée montante du " God save the Queen ". Elle n'atteint pas la pureté aristocratique de style du thème autrichien de Haydn. Elle n'est pas populaire comme " Ça ira, ça ira ! " et la "Carmagnole ".Elle n'est pas empreinte de la résolution sombre et ardente des anciens chants des gueux, ni du fanatisme du choral de Luther. On ne peut pas lui reprocher un esprit de parti, elle est tolérante. Elle n'imite pas la grâce des Noëls des Flamands, ni la verve railleuse et la drôlerie des anciens airs populaires flamands. Elle n'a pas la naïveté des "scies " qui courent dans les campagnes wallonnes.

Ainsi, elle n'est ni wallonne, ni flamande : elle est Belge.

Elle est foncièrement belge et constitutionnelle, d'esprit, de coeur et de complexion - tellement belge, que si l'on possède un peu le don de saisir les relations latentes qui lient les sons, il est impossible de nier qu'elle donne une impression de rouge, de jaune et de noir. Et comme l'écrit Camille Picqué, dans son article " La Médaille ", paru dans l'Illustration Nationale n° 3 du 15 février 1880, nous retenons les textes suivants:

" En 1566, pour peu qu'on fût dans le mouvement, on portait, selon ses moyens, une médaille ovale d'or, d'argent ou de cuivre. Un beau seigneur, comme l'était Henri de Bréderode, ne pouvait exhiber décemment qu'un bijou ciselé par un orfèvre habile. Le pauvre diable, riche de coeur seulement et de patriotisme, se contentait d'une grossière empreinte. À la médaille s'attachaient souvent une petite écuelle de métal et une calebasse, réduction de celle qu'on trouvait aux bourdons des pèlerins. Sur un des côtés de la médaille des Gueux, autour du buste de Philippe II, et au revers, autour d'une besace de cuir, entre les lanières de laquelle deux mains, ou de Foi, se serraient, étaient gravés les mots suivants: «Fidelles au Roy, jusques à porter la besace ".

Nous lisons, après ces mots:

" Jusqu'à ces dernières années, nous n'avions point vu de médaille des Gueux à légende flamande. Nous en découvrîmes une à la vente d'Amsterdam, faite en 1876 ".

Doit-on conclure que peu de médailles de cette époque inscrivaient leur devise en flamand ? Dans cet article un paragraphe, relatant la révolution de 1830, nous donne ceci:

" Pendant qu'on se fusillait dans les rues de Bruxelles, Parent, chef de volontaires, faisait couler en plomb de lugubres insignes, des têtes de mort sur des os passés en sautoir. Et quand les combats de septembre furent finis, on se plut à aplatir les balles ramassées dans les rues pour écrire dessus « Plomb provenant des balles tirées sur le peuple belge ".

Camille Picqué mentionne également un extrait du journal «Le Courrier des Pays-Bas « et d'une brochure de l'époque dénommée « Les Événements de Belgique « du 25 août 1830, Paris, Audot, 1830. in - 12, en voici le contenu des entrefilets:

" On a bien fait de lever l'interdit jeté sur la " Muette " que l'on donne ce soir et qui attirera sans doute un nombreux auditoire. À Paris, le public ne laisse plus jouer le dernier acte que la censure avait fait ajouter; il semble plus convenable que les personnes qui désapprouvent ce cinquième acte quittent la salle au moment où il commence. C'est le moyen d'éviter toute occasion de désordre. Dès l'ouverture des bureaux, narre la Révolution belge, Bruxelles, H. Remy, 1831 p. 27 et 28, la salle fut envahie; trop petite était l'enceinte pour la foule avide qui se précipitait comme à une première représentation."

Ceux qui n'avaient pas été assez heureux pour obtenir des billets, se promenaient dans les environs du spectacle, attendant les suites de la résolution annoncée d'empêcher le cinquième acte d'être joué. Car alors, c'était là le seul but, la seule intention des jeunes gens. La pièce est exécutée avec un ensemble admirable. Jamais Lafeuillade-Masaniello n'avait déployé des moyens aussi étendus. Son enthousiasme embrasait tout l'auditoire. Ce n'était que bravos et trépignements, des cris de joie, de triomphe, saluaient les scènes de révolte et les cris aux armes; les allusions étaient saisies avec fureur, et après le quatrième acte, dans l'effervescence du triomphe à laquelle tous les spectateurs avaient pris une part si active, une partie de l'auditoire sortit de la salle, en poussant des cris de liberté. Ces cris se répétèrent par intervalles au dehors. Des groupes y mêlèrent ceux de: " Vive De Potter ! À bas Van Mannen ! Justice ! " Cependant le cinquième acte fut joué sans opposition et la salle se vida paisiblement. En dehors du théâtre, et au coin de la rue des Fripiers, une troupe nombreuse d'hommes du peuple attendait la fin du spectacle, tout en scandant ces mots: " Vous aimez le fromage de Hollande, mes enfants, eh bien, il faut le manger ! ".

Et voici l'histoire de notre patrie, la Belgique et de son hymne national.

Louise claessens


Par Viviane - Publié dans : Bruxelles
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