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Mercredi 23 novembre 2005 3 23 /11 /Nov /2005 14:58
Reproduction et multiplication des orchidées

Le fruit est le résultat des transformations que subit l’ovaire après fécondation.



L’ovaire est formé de carpelles. Les carpelles de chaque fleur sont plus ou moins soudés entre eux et forment le pistil ou gynécée de la fleur. Le carpelle est un organe refermé sur lui-même et clos, contenant les ovules à l'origine du gamète femelle.
La fécondation provoque le développement de la graine à partir de l'ovule, simultanément, la paroi du carpelle se transforme en fruit.
Chaque grain de pollen délivrant deux gamètes mâles ou anthérozoïdes, on assiste en fait à une double fécondation, la première aboutissant à la formation de l'embryon et la seconde à l'origine de l'albumen, tissu de réserve.
Le fruit des orchidées est une capsule c’est-à-dire un fruit sec déhiscent donc qui s’ouvre de lui-même à maturité pour libérer les graines.
La capsule des orchidées est formée de trois cavités provenant des trois carpelles qui formaient l’ovaire.
Une coupe transversale montre un très grand nombre de graines.



En séchant, la capsule des orchidées se fend et s’ouvre en 6 valves. Trois d’entre elles, plus larges, portent les graines. Les trois valves étroites correspondent aux nervures médianes des carpelles, elles restent unies par leur sommet, qui est surmonté des restes du périanthe.

Les graines et la germination

La graine des orchidées, comme celle de tous les spermaphytes, est formée par trois éléments :
- L'enveloppe ou tégument qui protège l'embryon. Il résulte de l'épaississement des parois de l'ovule. Sa texture et sa couleur sont variables.
- L'embryon, issu de la fécondation. Il est issu de la rencontre de deux cellules à n chromosomes, l’ovule et le grain de pollen.
- Les réserves nutritives, mais celles-ci sont absentes dans les graines d’orchidées.
La graine d’orchidée est dite exalbuminée car elle ne contient pas d’albumen.

Les graines d’orchidées sont de très petite taille, les plus minuscules du règne végétal mais leur nombre est considérable. Il y en a plusieurs milliers par capsule. La capsule de Cynoches chorochilon par exemple en compte environ 3 millions.
Dans la nature, moins d’1 % des graines d'une capsule germe et donne naissance à une nouvelle plante.
Les minuscules graines d’orchidée sont disséminées par anémochorie, c’est-à-dire par le vent.
Chez l'orchidée, la graine étant exalbuminée, elle a donc besoin pour son développement de trouver de la nourriture dans le monde extérieur.
Lors de la formation de la graine, l’albumen ne se développe pas car le noyau triple, qui normalement, donne naissance ne se divise pas. La graine d’orchidée demeure ainsi sans tissu nourricier et l’embryon est réduit à quelques cellules non différenciées.
Les graines d’orchidées doivent en fait rencontrer un champignon microscopique. Plusieurs espèces d’endomycorhizes peuvent s’associer en symbiose avec les orchidées, mais c’est le genre rhizoctonia qui est le plus fréquent, surtout le Rhizoctonia repens.
Le Rhizoctonia repens est le partenaire des genres Cattleya, Laelia, Cypripedium et Cymbidium. Le Rhizoctonia mucorales est le partenaire symbiotique des genres Phalaenopsis et Vanda. Le Rhizoctonia lanuginosa est le partenaire des genres Oncidium et Odontoglossum.
Les endomycorhizes sont courantes chez les orchidées, le champignon prolifère et peut envelopper une grande partie de la surface des racines capillaires, dont il envahit les cellules corticales. La plante limite l'extension du champignon par un mécanisme de phagocytose.
Le mycélium du champignon va envahir la graine et infecter l'embryon. Grâce aux substances nutritives apportées par le champignon, la graine pourra germer. Si le mycélium devient trop envahissant, la graine meurt. La germination ne sera fructueuse que si la symbiose est réalisée, c’est-à-dire qu’un équilibre entre les deux organismes est trouvé.
Dans la plupart des espèces, le champignon vit dans les racines de la plante pendant toute la vie de celle-ci.
Le champignon, dépourvu de chlorophylle, est incapable de photosynthèse, c’est l’orchidée qui va donc l’alimenter en hydrates de carbone. En échange, le champignon fournit à l'orchidée l’eau, les matières nutritives de base (sels minéraux) ainsi qu’une protection contre la sécheresse.
Le champignon apporte à la graine les éléments énergétiques et vitaminiques indispensables à sa germination. La graine va alors se développer et devenir une minuscule plantule : le protocorne.
Cette symbiose Orchidée-Rhizoctonia a été étudiée expérimentalement pour la première fois par Noël BERNARD (Botaniste français 1874-1911), au début du siècle dernier. Cette découverte, étendue aux espèces exotiques, devait faciliter leur propagation par la pratique du semis symbiotique.
La nécessité de l'infestation fongique pour la germination des graines d’orchidées a permis de produire facilement d'innombrables hybrides entre espèces et genres.
Entre la germination et la première fleur, il s’écoule de 2 à 15 ans selon les espèces et les conditions du milieu.

La multiplication végétative

1 Division des touffes
La division des touffes doit être réalisée lors du rempotage. L'intervention est effectuée sur des plantes bien développées et en bonne santé (on laisse généralement trois pseudo-bulbes par pot).

2 Développement d'un arrière-bulbe
Si une plante porte de nombreux pseudobulbes, ceux de l'année précédente sont aptes à émettre un bourgeon qui en utilisera les réserves hydriques pour se développer.

3 Bouturage
Les orchidées possédant de longs pseudo-bulbes en forme de canne sont aptes à se multiplier par bouturage.
À la reprise végétative, une des cannes est prélevée et débitée en morceaux longs de deux ou trois nœuds.
Les boutures sont disposées horizontalement sur du sphagnum et légèrement enfoncés. Les bourgeons végétatifs doivent être situés au-dessus de la surface. L'ensemble est placé dans une mini-serre modérément chaude (une boîte en plastique recouverte d’un film transparent convient parfaitement).

4 Élagage
Les orchidées monopodiales à longue tige peuvent être élaguées.
La partie supérieure de la plante comportant deux ou trois racines aériennes bien développées peut être coupée et rempotée dans le substrat habituel.
(Les plaies doivent être aseptisées).

5 Développement des keikis
(Keiki est un mot d'origine hawaïenne qui signifie rejeton ou bébé)



La production de keikis est un mode de multiplication des orchidées épiphytes. Les keikis se développent sur les tiges ou sur d'anciennes hampes florales. Ils résultent du développement en tige, feuilles et racines de bourgeons adventifs engendrés par la multiplication spontanée de cellules végétatives.
À l'exception de certaines espèces de Phalaenopsis comme les : Phalaenopsis luedemanniana et Phalaenopsis violacea et les Dendrobium, la formation des keikis est liée à l'absence ou à une inhibition de la floraison.
On pense que la plante réagit dans un sursaut de survie lorsqu’elle est dans de mauvaises conditions de culture, elle développerait alors le processus de création de keikis pour perpétuer l'espèce.
Certaines orchidées, comme les Catasetum, forment des keikis lorsque la base du pseudobulbe pourrit.
Le keiki développe ses propres racines. Attaché à la plante, il reçoit la substance nutritive de celle-ci.
Les keikis sont prélevés et rempotés lorsque leurs racines ont atteint une taille suffisante (3 à 4 cm). La plantule peut alors être détachée de la hampe, mais ce n'est pas une obligation. Après la séparation (légère torsion ou à l'aide d'un sécateur) utiliser un cicatrisant.
Le développement des keikis est rapide et la plante peut fleurir dans des délais très courts.

6 Clonage
Le mot "clone" vient du grec et désigne une petite branche ou une jeune pousse. À l'origine, il ne s'applique donc qu'à la reproduction ou végétative des végétaux. Si le terme fut ensuite étendu à toutes les formes de multiplication asexuée, le règne végétal reste celui qui bénéficie le plus de cet outil de multiplication, aujourd'hui parfaitement maîtrisé et appliqué à de nombreuses variétés de grande culture.
La reproduction à grande échelle de plantes génétiquement semblables présente toutefois un risque majeur : si un parasite infeste l'une d'entre elles, toute la production peut rapidement être touchée sans aucune possibilité de résistance. Pour pallier cet inconvénient, on a désormais recours à la culture de méristèmes. Ainsi depuis les années 50, les chercheurs ont découvert que ces petits massifs cellulaires, situés à l'extrémité des tiges et des racines des plantes, restaient en effet indemnes de virus. On sait aujourd'hui qu'ils constituent les organes clés du microbourgeonnement et de la multiplication végétative. Leur culture en laboratoire est employée dans le monde entier pour régénérer les clones de nombreuses variétés florales ou fruitières, lorsque celles-ci, obtenues par multiplication végétative, se révèlent trop contaminées. La culture de méristèmes est devenue la méthode moderne de multiplication végétative des orchidées. À partir d’un seul fragment, on peut donc produire un grand nombre d’orchidées, toutes identiques à la plante mère. Cette méthode est très intéressante pour multiplier des orchidées devenues très rares. Aujourd’hui de nombreuses orchidées, disponibles dans le commerce horticole, sont issues de culture de méristèmes, ce qui a permis d’obtenir des prix plus démocratiques.



Par Viviane Starck - Publié dans : Orchidées
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