La culture des orchidées
Les orchidées de culture sont pour la plupart originaires des zones tropicales et subtropicales des continents africains, américains, asiatiques et australiens. En culture, nous essayons de reconstituer au maximum l’environnement naturel : substrat, température, lumière et humidité...
Substrats de culture
Dans les forêts tropicales, les orchidées épiphytes se nourrissent de débris organiques apportés par les pluies. Leurs racines aériennes se sont spécialisées et nombreuses d’entre elles ont développé des pseudobulbes constituant une réserve de nourriture et d’eau appréciable.
Le substrat de culture des orchidées épiphytes tend à reproduire ces conditions. On utilise généralement dans un pot ou un panier suspendu, un mélange aéré d'écorces de pin (80 à 90 %) et quelques débris végétaux (tourbe, racines de fougère, fibres de noix de coco, fougère arborescente, etc.).
Un peu de polystyrène peut être utilisé pour assurer le drainage et l’aération des racines. On trouve aujourd’hui dans les magasins spécialisés des composts performants.
Le même compost peut être utilisé pour les espèces terrestres.
Le substrat sert avant tout à soutenir la plante et à retenir la quantité d'eau voulue tout en assurant une aération appropriée des racines. Il n'a pas de but nutritif à proprement parler, donc il n'est pas étonnant d’utiliser des produits synthétiques.
N’utilisez jamais de terreau, le pH (potentiel en ions Hydrogène) et le manque d'aération de ce dernier conduiraient rapidement à la mort de la plante.
On rempote l'orchidée lorsqu'elle oscille dans le pot, ceci est souvent le signe d'une détérioration au niveau des racines ou d'une détérioration du compost. L'écorce de pin et les autres matières organiques se décomposent au fil du temps, il est donc nécessaire de rempoter l'orchidée dès que son substrat est trop abîmé et qu'il a perdu ses qualités essentielles (modification du pH, colmatage empêchant une bonne aération, etc.).
Lorsqu'il n'y a pas eu d'erreur de culture, le rempotage se fait normalement tous les 2 ans, après la floraison lorsque la croissance végétative recommence.
On profite du rempotage pour couper les racines mortes (ne pas oublier d’aseptiser le matériel).
Types de culture
La culture des orchidées peut se faire en pots, en paniers suspendus ou en montages.
Les pots utilisés sont en plastique ou en terre cuite, mais chacun a ses avantages et ses inconvénients. Il faut toujours veiller à ce qu'ils soient troués à la base afin de laisser s'écouler l'eau en excès et assurer l'aération de la plante.
Les pots en plastique sont bon marché, ne retiennent pas les sels contenus dans les engrais et les racines n’y adhèrent pas ou peu, ils sont cependant moins esthétiques. Il est préférable d’utiliser des pots en plastique transparent ce qui permet de juger à tout moment de l'humidité du substrat, de l’état de décomposition de celui-ci, de l'état des racines et de la présence de parasites.
Les pots en terre cuite, stabilisent la plante, permettent une meilleure respiration des racines mais ils impliquent plus d’arrosage et favorisent l’adhérence des racines ce qui handicape le rempotage.
La culture en montage est pratiquée sur du liège ou de l’écorce, les racines y adhèrent facilement, l’orchidée après s’être fixée ne peut plus être enlevée. Le mode de culture en montage reproduit mieux l'épiphytisme naturel, mais un apport quotidien d'eau est nécessaire.
Les paniers à claires-voies sont généralement en bois, l’écoulement de l’eau ne rencontre aucun obstacle et l’air circule facilement autour des racines.
En règle générale, on conseille d'utiliser un pot de taille aussi petite que possible qui corresponde au volume des racines.
Les orchidées peuvent être cultivées sur un mur végétal, ce mur pour orchidées est constitué d’un treillis à larges mailles garni de laine de roche L'eau est amenée au sommet du dispositif au moyen d'une pompe programmable, l’eau ruisselle lentement à travers la laine de roche pour être recueillie à sa base. Les racines des plantes trouvent ainsi support et eau nécessaire à leur croissance. L'évaporation autour du dispositif permet d'obtenir localement une humidité relative dépassant les 70 %.
Ce type de culture est idéal pour la plupart des orchidées de petites tailles :
Masdevallia, petits
Cattleya,
Dendrobium,
Gongora,
Coelogyne…. Au milieu des orchidées, des fougères et des mousses reconstituent un milieu naturel très décoratif.
Arrosages
La plupart du temps, l'eau de distribution est trop calcareuse, c'est pourquoi il est nécessaire d'utiliser de l'eau de pluie à température ambiante. Beaucoup plus d'orchidées meurent par excès d'eau que par sécheresse.
Les orchidées ont besoin d'une hygrométrie élevée, mais craignent par-dessus tout les excès d'arrosage.
L’arrosage des orchidées est le point le plus important de leur culture.
Trop d'humidité provoquera le pourrissement des racines et la perte de l'orchidée. Un excès d’humidité stagnant autour des racines, provoque la pourriture des racines. Si les feuilles sont molles ou jaunes, il est déjà tard.
Utiliser un pulvérisateur pour que l'eau puisse pénétrer doucement dans le compost. Ne pas pulvériser sur les feuilles. Lorsque quelques gouttes coulent dans le bas du pot, arrêter les pulvérisations. Renouveler l'opération lorsque le compost a complètement séché. Ne jamais mettre de l'eau dans la soucoupe de votre orchidée. Nous suggérons de mettre dans la soucoupe des billes d'argile qui seront maintenues humides et sur lesquelles on déposera le pot sans que le fond n'entre en contact avec l'eau des billes. De cette façon, on crée une ambiance humide bénéfique pour votre plante. L'eau ne doit pas stagner dans le fond du pot.). La fréquence d’arrosage dépend d'une habitation à l'autre, de l'emplacement des plantes, de la nature du substrat, etc. Il faut donc apprendre à détecter les besoins de ses plantes en les observant quotidiennement.
Il est préférable d’avoir une eau légèrement acide avec un pH (potentiel en ions Hydrogène) de 6,5 à 6,8 la (coloration du papier indicateur est jaune vert).
Si l’on ne possède pas d’eau de pluie en quantité suffisante, l’eau du robinet est la plus pratique. Mais elle contient du chlore qui est très mal supporté par les plantes. Il faut donc récolter l’eau le soir et la laisser reposer toute la nuit, le chlore se sera dégradé pendant ce laps de temps. Mais attention dans certaines régions le D.H., Degré d’Hydrotimétrie (teneur de l’eau en sels de chaux et sels de magnésie) en langage courant la teneur en calcaire est très élevée et ne convient absolument pas pour les orchidées.). Il est conseillé alors d’utiliser un osmoseur (appareil à osmose inversée). Il s'agit d'un dispositif filtrant dans lequel l'eau du robinet traverse une membrane osmotique qui ne laisse passer que les molécules d’eau. On obtient ainsi une eau chimiquement pure, débarrassée de son calcaire, des nitrates, des nitrites et du chlore.
Il est aussi nécessaire d'arroser la plante avec une eau à température ambiante afin de ne pas provoquer de choc thermique au niveau des stomates des feuilles.
L'arrosage s'effectue le matin, et par temps ensoleillé afin que les racines puissent avoir le temps de sécher durant la journée.
Il faut diminuer l'arrosage si le substrat est d’évidence encore humide, en période de repos, lorsque la lumière diminue (quantité et durée), lorsque le pot est en plastique, ou en cas de doute.
On augmente l'arrosage si le substrat est desséché (le pot est léger), par temps sec et ensoleillé, lorsque le pot est en terre cuite et de petit format.
Humidité
Les orchidées vivent dans une atmosphère humide. La majorité d’entre elles ont besoin d’un degré hygrométrique de 60 % environ. Ce degré hygrométrique doit être augmenté par temps chaud et lumineux. Un humidificateur électrique peut compenser le manque d’humidité. On peut créer des "microclimats" locaux en regroupant des orchidées ou en utilisant l'humidité naturellement dégagée par des plantes vertes. On peut aussi placer les pots au-dessus d'un plateau rempli de billes d'argile, de sable ou de gravier mouillé, mais la base des pots ne peut tremper dans l'eau.
Ventilation
Dans la nature, l’air humide n’est jamais stagnant, les orchidées sont soumises aux mouvements de l’air. En serres et en vérandas, l’emploi de ventilateurs fonctionnant en permanence permet de se rapprocher des conditions naturelles.
Les mouvements d’air sont indispensables à la bonne croissance des orchidées.
Si vous ouvrez une fenêtre dans un appartement, faites attention aux courants d’air.
Lumière
La lumière constitue un élément déterminant de la culture des orchidées
La plupart des orchidées vivant sous la frondaison des arbres demandent une lumière tamisée et il convient d'éviter le soleil direct.
Les orchidées ont donc besoin de lumière mais pas d'exposition directe au soleil. De ce fait, on les placera de préférence sur un appui de fenêtre orienté entre le sud-est et le sud-ouest. Vérifier la température du feuillage qui doit paraître frais. En cas de réchauffement, il y a lieu de prévoir un système d'ombrage ou de déplacer votre plante. Certaines orchidées ont besoin de beaucoup de lumière, les
Vanda par exemple supportent 50000 lux et plus, d’autres comme les Paphiopedilum se contentent de 8000 lux.
L’observation du feuillage aide à mieux exposer une plante. Un feuillage anormalement foncé est le signe d'une carence en lumière. Un feuillage jaunissant, voire rougissant, est le signe d'un excès de lumière.
Un bon éclairage artificiel peut être réalisé grâce à l’emploi de tubes fluorescents (tubes TL extra blancs) surtout en hiver ou la durée du jour est plus courte, ils seront placés à une trentaine de centimètres des plantes.
Fertilisation
Utiliser un engrais spécifique pour orchidées dont les composés d’azote de phosphore et de potassium sont très élevés.
L’azote (N) favorise la croissance végétative, le phosphore (P) accélère la floraison, le potassium (K) favorise la résistance des tissus.
De mars à octobre, tous les quinze jours - d’octobre à mars, une fois par mois.
On ne donne jamais d’engrais sur les racines sèches, il est donc impératif de d’abord passer la plante à l’eau de pluie afin de les humidifier.
On répartit généralement les orchidées en trois groupes.
La plupart des orchidées sont assez tolérantes en matière de température. Certaines orchidées demandent, pour fleurir, des écarts marqués entre le jour et la nuit. Il faudra en tenir compte dans le choix de l'emplacement de chaque plante, et prévoir le cas échéant des cures de plein air sur un balcon ou dans un jardin à certaines périodes de l'année, c’est le cas des Cymbidium.
Certaines orchidées demandent une température relativement fraîche en permanence, ce sont les orchidées de serre froide. C'est le cas, par exemple, des Odontoglossum, des Masdevallia, des Zygopetalum.
Notons qu'une température trop élevée peut être compensée par une augmentation de l'humidité de l'air.
Notons encore qu'une ambiance trop chaude et (ou) trop sèche est souvent la cause du dessèchement des boutons floraux. Il est possible d'y remédier, en partie, en brunissant quotidiennement les boutons floraux jusqu'à leur éclosion, ou en plaçant la plante à proximité d'un humidificateur.
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