Première légende
On nous rapporte qu'en 1212, une méchante vieille dame, que les Bruxellois appelaient la sorcière habitait une maison située au coin de l'actuelle rue du Chêne et de la rue de l'Étuve, appelée ainsi car il s'y trouvait déjà à cette époque un bain public dénommé “étuve”.
Cette vieille dame était très méchante, sale et loqueteuse et elle ne sortait qu'à la nuit tombée.
Où allait-elle, nul ne le sait, et personne n'osait la suivre. Qui aurait osé le faire ?
Les passants, qui la rencontraient rentrant le soir chez eux, faisaient un détour, pour ne pas se trouver devant elle.
Près de là, il y avait également un bon vieillard fort aimé des Bruxellois, qui faisait beaucoup de bien autour de lui, et les enfants le chérissaient.
Un jour, un petit garçon qui passait dans la rue de l'Étuve, s'arrêta et sans prendre garde où il se trouvait, se mit à satisfaire un besoin urgent, malheureusement il choisit le recoin de la porte de la maison de la méchante vieille dame.
La sorcière entendant un bruit insolite, sortit de sa maison et apercevant l'enfant qui finissait son soulagement naturel, lui dit plein de colère.
- Tu as déshonoré ma maison, tu l'as salie en faisant ce que tu viens de faire. Je te maudis et te condamne à faire ce que tu as fait durant les siècles à venir.
L'enfant devait se transformer en statuette, il ne méritait vraiment pas un tel châtiment !
Heureusement à cet instant précis le bon vieillard apparut portant une statuette comparable au gamin qu'il mit à la place du petit garçon.
Ensuite, il prit le pauvre enfant interdit par la main et le conduisit au plus pressé auprès de ses parents.
C'est depuis ce temps-là qu'une statuette à toujours fait ce que l'innocent gamin aurait dû faire depuis des siècles sans l'intervention du bon vieillard.
Deuxième légende
Il y avait une fois un petit garçon âgé de 3 ou 4 ans qui était le fils unique dune famille de bons bourgeois bruxellois.
Ses parents le choyaient comme un petit prince.
Un jour qu'il y avait fête à la Grand-Place de Bruxelles, les parents revêtirent leur petit garçon de ses plus beaux habits pour assister aux divers divertissements donnés par les édiles de la ville et les compagnons des diverses gildes.
Il y avait beaucoup de monde dans les environs de la Grand-Place, et l'enfant curieux tirait ses parents par ici, par là tant qu'à la fin il fut séparé deux.
Insouciant, le gamin suivait la foule, il regardait à gauche, à droite, s'amusait énormément pendant que ses parents affolés le cherchaient de tous côtés.
La nuit vint et ils ne le retrouvèrent pas.
Quatre jours se passèrent et le gamin n'était pas encore retrouvé.
Toutefois, le père malgré son inquiétude, espérant que son fils n'avait pas été enlevé, continuait ses recherches dans la ville. Le cinquième jour, arrivé au coin de la rue de l'Étuve et de la rue du Chêne que vit-il ?
Son cher gamin était dans une posture qui ne laissait pas de doute sur son besoin naturel.
Le père s'empressa auprès de son bambin, qu'il prit dans ses bras, l'embrassant sans arrêt, en l'emportant en courant vers sa maman qui parcourait la Grand-Place. En souvenir de cet événement, les parents commandèrent une statue de pierre qu'ils firent élever à l'endroit où le petit garçon s'était arrêté, et de la fontaine s'écoula depuis un filet d'eau dans un bassin qui se trouve sous elle.
Actuellement, certains jours de fête à Bruxelles, un filet des bières nationales bruxelloises, le lambic ou la gueuze, s'écoule en filet de la statuette.
Troisième légende
On raconte encore que Bruxelles fut bloqué par un ennemi puissant et que le siège de la ville dura plusieurs jours.
Les assiégeants, s'apercevant que la ville résistait, allumèrent une mèche avant leur départ pour incendier Bruxelles.
La populace heureuse d'être délivrée de leurs ennemis fêtait leur délivrance.
Heureusement un petit garçon passant rue de l'Étuve voyant la mèche qui brûlait, et, malgré son jeune âge, comprit le danger qui guettait la ville.
Comme il ne savait où trouver de l'eau pour éteindre la mèche, il n'hésita pas une seconde et se mit à arroser le feu qui s'éteignit aussitôt.
Des fêtards passant par là virent le héros qui sauva par son besoin naturel, la ville de Bruxelles.
Le fait fut vite rapporté et, en son honneur les bourgeois élevèrent une statuette reproduisant son acte héroïque.
Quatrième légende
On raconte que “Menneke-Pis” ou “Manneken-Pis” était le petit prince Godefroid, âgé de cinq ans.
Un jour, lorsqu'il marchait en tête dune procession se rendant avec le clergé au-devant dune armée de croisés revenant de Jérusalem, il s'arrêta au coin de la rue de l'Étuve et de la rue du Chêne pour un besoin pressant.
Mais le petit Godefroid ne retrouva plus sa place dans la procession, celle-ci ayant continué son parcours, le clergé ne s'étant pas aperçu de son absence.
Au bout dune heure, certains participants de la procession s'aperçurent de l'absence de leur jeune prince et la panique se fit parmi eux.
Une délégation revint sur ses pas et retrouva leur prince à l'endroit où il s'était soulagé.
En souvenir de cette retrouvaille on éleva une statuette au coin des rues où Godefroid avait accompli son besoin naturel.
Cinquième légende
En entendant raconter les quatre premières légendes certains prétendront que ce n'est pas la bonne, et ils essayeront de vous prouver que la leur est la véritable.
Celle-ci raconte qu'un juif vola un petit bambin à ses parents et l'emporta dans sa maison.
Il faut signaler qu'à cette époque, les juifs étaient considérés comme des gens maudits ; on les éloignait des villes, on les pourchassait, et quand on leur permettait de se fixer, ils devaient habiter un quartier spécial, que nous appelons aujourd'hui “ghetto”.
On les accusait de maintes pratiques superstitieuses et on les imputait de bien des crimes, enfin, ils étaient craints et honnis de toute la populace.
On raconte que le juif voulait tuer le bambin, mais ayant appris qu'il était le fils d'un grand seigneur, il eut peur, et un soir, il conduisit l'enfant au coin de la rue de l Étuve et de la rue du Chêne, espérant que ses parents l'y retrouveraient facilement.
Effectivement, ses parents qui poursuivaient d'actives recherches dans les parages de la Grand-Place, retrouvèrent leur fils accomplissant son besoin naturel, là où le juif lavait déposé.
Les parents y élevèrent une fontaine avec une statuette reproduisant l'acte de leur cher bambin.
Sixième légende
On raconte encore que naissance de Menneke-Pis ou Manneken-Pis remonterait au VIIIe siècle.
Notre sixième légende raconte qu'un jour un seigneur invita, non sans arrière-pensée, Vindicien, évêque d'Arras à venir prêcher à Bruxelles ; il ne parvenait pas à avoir d'héritier, Vindicien promit d'intercéder auprès de Dieu.
La promesse fut exhaussée car neuf mois plus tard, l'épouse du seigneur mit au monde un bébé dont la première manifestation fut de satisfaire un besoin pressant, mais il l'exécuta avec une telle violence qu'il éclaboussa la barbe de Vindicien.
Peu de temps après, Vindicien trépassa.
Mais où organiser le baptême et qui acceptera cette tâche ?
L'épouse de seigneur suggéra de faire appel à Gudule, la filleule de Sainte Gertrude, qui résidait au château de Ham.
Flattée de cet honneur, Gudule organisa la cérémonie, bénit le bambin, embrassa l'heureuse maman, salua le père et sen retourna dans son château à Ham.
Mais notre seigneur quitta son épouse, séduit par la beauté de Gudule, il se rendit à la demeure de Gudule qui l'accueillit sans arrière-pensée. Mais s'apercevant des intentions perverses de son visiteur, la future sainte courroucée déclara pour le punir : “Votre fils unique ne grandira plus et n'arrêtera plus jamais de pisser”.
Septième légende
L'ermite et le Petit Julien :
Au VIIIe siècle, un gamin haut comme trois pommes se sauva pour regarder Saint Vindicien.
Il s'appelait Petit Julien et son père était follement amoureux de Gudule.
S'étant perdu et ressentant un besoin pressant, il se soulagea contre la porte de la cellule d'un saint ermite.
Celui-ci entendant un bruit étrange, ouvrit la porte et notre Petit Julien fut confronté à un personnage barbu de haute stature, et fut changé en statue de pierre et condamné à poursuivre éternellement son geste impudique.
Mais pour ne pas faire peur aux enfants, nos aïeux changeaient la fin de la légende, et racontaient que le père fit exécuter une statuette ressemblant à son bambin et lors de la présentation de celle-ci son petit garçon retrouva la vie et sauta au cou de son père en pleurant à chaudes larmes, promettant de ne plus recommencer son acte impudique.
Huitième légende
Godefroid III, duc de Lotharingie, naquit en 1142, peu après la mort de son père Godefroid II.
Deux vassaux, Gauthier Berthout et son frère Gérard de Grimbergen jugèrent le moment propice pour prendre les armes contre leur suzerain au berceau.
Ludgarde la maman du duc, fut contrainte d'appeler à son secours Thierry d'Alsace, comte de Flandre.
Le sire de Gaesbeek demanda la présence du jeune duc sur le champ de bataille. Les troupes passèrent en revue devant le berceau du jeune duc avant de partir au combat. Le berceau fut suspendu à la branche d'un chêne sur le lieu de la bataille à Ransbeek.
L'armée du marmot fut quatre fois repoussée, mais la cinquième attaque semblait perdue quand soudain les combattants furent galvanisés par la vue du jeune duc accomplissant tranquillement le geste resté célèbre.
Pour commémorer cette victoire, on éleva une fontaine à Bruxelles près d'un jeune chêne au coin dune rue qui porta depuis le nom de Rue du Chêne.
Quand au jeune duc, il grandit et reçut le surnom de Godefroid le Barbu.
Neuvième légende
On raconte encore qu'au temps des Croisades vivait à Bruxelles, le comte de Hove, son épouse et son fils Godefroid.
Il était de tradition que les hommes d'armes revenant des croisades s'arrêtent devant la demeure du comte.
Celui-ci offrant régulièrement l'hospitalité à ces glorieux combattants, envoya au-devant des troupes son fils âgé de 5 ans, un gamin très débrouillard, pour les accueillir.
Mais ce dernier, espiègle dans l'âme, ne cessa d'arroser le cortège.
Pour racheter l'affront infligé aux combattants, le comte et la comtesse firent élever une statuette expiatoire.
Dixième légende
Jean III duc de Brabant avait six enfants : ses trois fils moururent en bas âge, mais le petit Godefroid fit pourtant bien parler de lui.
Au début du XVe siècle, Bruxelles était déchirée entre les partisans de Bloemardine et les adeptes de Jean Ruysbroeck, deux mystiques.
Un jour les adeptes de Bloemardine, défenseurs des plaisirs terrestres défilaient en cortège.
En les voyant, le petit prince manifesta à sa façon, c'est-à-dire, en pissant au passage du cortège. Les partisans de Bloemardine le portèrent en triomphe, naturellement cela fit scandale.
Pour réparer cet acte, le duc offrit au clergé de faire élever à l'endroit où l'épisode s'était déroulé une statuette en pierre immortalisant le geste de son fils.
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