Vendredi 4 novembre 2005
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LE CHIFFRE 7
Une vieille légende veut que Bruxelles soit voué au chiffre 7.
Le docte Erycius Puteanus a brodé sur ce thème un chant en 7 heptades, signalant 7 fois 7 particularités reposant chacune sur ce nombre cabalistique.
L'enceinte de Bruxelles se composait de 7 portes, il y avait 7 tours, 7 paroisses, 7 familles patriciennes, 7 mille maisons, 7 places publiques, 7 maisons pieuses, 7 hôtels-Dieu, 7 hôpitaux, trois fois 7 fontaines, deux fois 7 écoles.
La Senne prenait sa source à 7 lieues de la ville, se divisait en 7 branches, passait sous 7 grandes routes et sous, deux fois 7 ponts.
Enfin la ville était bâtie sur 7 collines, le Coudenbergh, Sainte-Gudule, Blindenbergh (Mont des Aveugles), Montagne de Sion, Warmoesbergh (Montagne-aux-Herbes-Potagères), Zavelbergh (Montagne de Sable) et Sint-Pietersbergh (Mont Saint-Pierre).
Les sept familles patriciennes :
C'étaient les sires du Leeuw ou du Lion ;
du Weert ou de l'hôte
(d'après Puteanus du Sweert ou du glaive)
de Hughe, de Roelofs ou de Rodolphe
du Coudenbergh ou du Froid Mont
du Steenwegh ou de la Chaussée
de Rodenbeeke ou du Ruisseau rouge
Ces noms se sont écrits par la suite :
Sleeuws, Sweerts, Ser Huyghs, Ser Roelofs,
Coudenbergh, Steenwegh et Roodenbeke *
Les châteaux de ces burgraves étaient :
Le Canter Steen ou le Steen du coin, à l'angle de la Chaussée, à l'endroit où s'éleva, au XVIIe siècle, la demeure du prince de Ligne, plus tard l'hôtel d'Angleterre, puis le local de la Société de la Grande Harmonie.
Le T Serhuygsteen, à l'angle de la Grand-Place et de la rue au Beurre, à l'endroit où s'éleva, à la fin du XVIIe siècle, la Maison des Boulangers.
Le Maximilaen Steen, d'après les uns dans la rue de la Colline, d'après d'autres au Borgval.
Le Valkenbergh, au Schoenebeek, ruisseau aux souliers, plus tard le Marché-aux-Herbes.
Le Southuys près de l'église Saint-Nicolas.
Le Paeghuys, maison de la justice de paix, à proximité du même lieu, et le Platte Steen ou Pierre Plate, près du Marché-au-Charbon.
C'est là que sont nées ou se sont établies les 7 familles patriciennes, appelées à bon droit, les 7 dynasties bruxelloises.
C'est autour de leurs manoirs et sous leur protection que vint se grouper la population industrieuse et commerçante.
On appelait la population, les villani ou les vilains, parce qu'ils résidaient sur le territoire des villes seigneuriales.
Chacune des portes de la ville rappelait un des lignages :
La porte de Coudenbergh, les Roodenbeke
La porte de Hal, les Serhuyghs
La porte d'Anderlecht, les Serroelofs
La porte de Flandre, les Sweerts
La porte de Laeken, les Sleeuws
La porte de Schaerbeek, les Coudenbergh
Les Armoiries étaient pour :
Les Roodenbeek :
D'argent à la bande ondée de gueules ; cimier un casque ; supports une pucelle vêtue à dextre et un lion à sénestre.
Les Serhuyghs :
D'azur à trois fleurs de lis d'argent sur pied coupé, deux en chef et une en pointe ; cimier une fleur de l'écu, supports un sauvage armé d'une masse élevée à dextre et une nacelle nue à sénestre.
Les Serroelofs :
De gueules chargé de neuf billettes d'argent, 4, 3, 2, cimier un buste chaperonné ; supports deux pucelles les cheveux épars, enveloppés de longs manteaux.
Les Sweerts :
Emmanchée d'argent et de gueules de cinq pièces ; cimier un haut bonnet emmanché comme l'écu ; supports de deux satyres.
Les Sleeuws :
De gueules au lion d'argent ; cimier un lion issant ; supports un sauvage avec la massue levée à dextre et un lion à sénestre.
Les Coudenberghs :
De gueules à trois tours d'argent ; cimier une tour de l'écu, de laquelle sortent par le haut deux serpents naissants ; supports deux lions.
Les Steenweghs :
De gueules à cinq coquilles d'argent en croix ; cimier un buste de vieillard, supports deux griffons.
Et voici l'inscription en vers flamands, que les chefs des sept lignages firent peindre sur le vitrail de l'ancienne chapelle de Sainte-Marie-Madeleine, dans l'église des Saints-Michel-et-Gudule, en 1387.
De seven Adelborsten in Brussel geprivilegeert
In luyster en splendeur geexalteert.
Hebben dit gelas hier t' samen vereert.
Daer Sleeuws eerste van Adelwas gepresenteert.
Rodenbeek den tweede in dees Edel bende.
De derde T Serroelofs de wel bekende,
T vierde Coudenbergh seer vroom milde.
T vyfde T Steenwegh metter schelpen schilde.
Den sesden T'Serhuygs die niemant moet wycken
En Sweerts daer en bove. Dit syn al gelycken
Die tot Godts eeren dit gelas hebben gegeven
In 't jaer duysent dry hondert tachentigh seven.
Verwachtende hier naer het eeuwigh leven.
S. Michiel ende S. Goedele hebben zy doen stellen,
Ter eeren Godts, spyt den duyvel der hellen.
Traduction :
Les sept lignages privilégiés de Bruxelles
Exaltés en lustre et splendeur
Ont ensemble consacré ce vitrail
Sur lequel Sleeuws le premier en noblesse fut représenté
Rodenbeek le second dans cette noble troupe.
Le troisième T'Serroelofs bien connu,
Le quatrième Coudenbergh, très pieux et doux.
Le cinquième T'Steenwegh avec son écusson de coquilles.
Le sixième T'Serhuygs que nul ne fait reculer,
Et Sleeuws en outre. ce sont ceux-ci pareils
Qui ont en l'honneur de Dieu donné ce vitrail
En l'an mil trois cent quatre-vingt sept
Attendant ici la vie éternelle
A SS. Michel et Gudule ils l'ont fait placer
En l'honneur de Dieu et en dépit du diable des enfers
Texte de Louise Starck Claessens
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