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Dimanche 8 janvier 2006 7 08 /01 /Jan /2006 10:20
Maladies et parasites des orchidées



Différents désordres physiologiques peuvent être liés à de mauvais arrosages, une luminosité insuffisante, une aération rudimentaire, un mauvais dosage d’engrais, un compost non approprié, un récipient mal adapté. Si les orchidées ont séjourné à l'extérieur durant l'été, il faut les traiter avant de les rentrer.
Une très bonne luminosité est nécessaire mais pas de soleil direct sur les plantes pendant l'été après 11 heures du matin, vous éviterez ainsi les brûlures sur les feuilles.
L’emploi d’insecticides et d’herbicides non spécifiques aux orchidées peut détruire celles-ci, de plus certaines variétés d’orchidées sont très sensibles au Dimethoate (Cygon).
Les orchidées doivent être surveillées soigneusement, il est essentiel de détecter, d'identifier, de remédier aux maladies et de supprimer les parasites.
Ces derniers sont essentiellement des insectes, des acariens et des mollusques.




LES INSECTES

1- Les Homoptères Coccoidea : les Cochenilles

Groupe des Diaspines ou Cochenilles à carapace dure
Ces cochenilles sont répandues sur les cinq continents. Elles se développent sur beaucoup de végétaux et bien sûr les orchidées.
Les principales espèces sont : Diaspis boisduvalii, Parlotaria proteus, Chrysomphalus aonidium, Phenacoccus gossyphii, Furcaspis biformis, Genaparlatoria pseudaspidiotus.

Les cochenilles présentent un grand dimorphisme sexuel. Les femelles sont très reconnaissables et les plus abondantes, elles sont immobiles et vivent sous la protection d'une carapace. Ce bouclier mesure environ 3 mm et peut être de couleur gris, marron ou brun foncé, selon l'espèce.
La femelle possède des pièces buccales formées par un rostre très long que l'insecte utilise pour se nourrir de la sève de la plante, elle est polyphage. La Cochenille Diaspine pond de 30 à 150 œufs sous la carapace.
Les mâles moins nombreux ne représentent que 1 à 2 % de la population totale, leur carapace est beaucoup plus allongée. Au stade adulte, ils sont pourvus de pattes, d'ailes et d'antennes et présentent l'aspect de minuscules moucherons.
Les larves de cochenilles sont munies de 6 pattes et effectuent de courts déplacements. Vu leur très faible poids (0,01 mg.), le moindre courant d'air les transporte sur d'autres plantes. Après 5 à 7 semaines, les jeunes cochenilles perdent leurs pattes et secrètent leur carapace.
Les cochenilles attaquent tous les organes aériens des orchidées. Elles se regroupent à la base des feuilles. Les femelles accrochent leur carapace principalement sur les feuilles. On compte une à trois générations par an.

Groupe des Lécanines ou Cochenilles à carapace cireuse.
Ce groupe est très important. Les Lécanines sont abondants sur les orchidées en serre.
Les espèces les plus courantes sont Coccus hesperidium et Vinsonia stellifera.
Les Cochenilles Lécanines nécessitent une surveillance constante.
La femelle mesure de 2 à 6 mm de long et est de couleur foncée, variable selon l'espèce. Elle n'a pas, à proprement parlé, de carapace mais une peau dure et coriace imprégnée de cire qui la protège du milieu extérieur. La cochenille reste fixée à son enveloppe protectrice. Cette particularité permet de faire la distinction entre Lécanines et Diaspines. Dans le groupe des Lécanines évoluant en serre chaude, résidence habituelle de nos orchidées, les femelles peuvent pondre de 1.000 à 2.000 œufs et leur activité est continue toute l'année durant. Les jeunes larves sont mobiles (6 pattes). Elles se déplacent pendant plusieurs heures puis se fixent à proximité des autres cochenilles où elles forment d'importantes colonies. Vu leur extrême légèreté, un courant d’air peut les entraîner sur les plantes voisines.
Les dégâts provoqués par les Lécanines sont graves. Les feuilles jaunissent et les limbes des feuilles sont brûlés par les exsudats sucrés et par un envahissement de la fumagine (champignon) ce qui conduit à un affaiblissement général de la plante.



2- Les Homoptères Pseudococcidae ou Cochenilles farineuses
Les Cochenilles farineuses ou Pseudococcines sévissent sur un grand nombre de plantes ornementales cultivées en serre, dont les orchidées.
Les principales espèces rencontrées sont : Pseudococcus microcirculus, Pseudococcus longispinus et Ferrisia virgata. Alors que les Cochenilles à carapace sont immobiles pendant pratiquement toute la durée de leur vie, les Pseudococcines sont mobiles à tous les stades.
Les femelles mesurent de 3 à 7 mm de long. Elles sont de couleur blanche et de forme ovale. Les côtés du corps ont des filaments courts cireux donnant à l’animal l'impression d’avoir de nombreuses pattes, mais à l'aide d'une loupe, on distingue facilement les deux antennes et les trois paires de pattes caractéristiques des insectes. Les Cochenilles farineuses pondent 300 à 600 œufs qui sont disposés par groupes de 100 environ dans une masse floconneuse.
Ces œufs ont un développement très rapide dans des températures de 22°C. et une atmosphère humide. Chaque année, quatre générations peuvent se succéder.
Les jeunes se remarquent facilement à cause du duvet cotonneux qui ressemble à de la ouate fixée sur la plante.
En hiver et en serre froide, cette cochenille se réfugie dans le compost et se fixe sur le collet et les racines des plantes. Au printemps, elle revient sur l'appareil aérien.
Les Cochenilles farineuses provoquent de substantiels ravages qui vont du jaunissement des feuilles et à la diminution de l'assimilation chlorophyllienne, à la chute des feuilles et au dépouillement complet des plantes. De plus, le miellat important qu'elles secrètent va entraîner le développement de la fumagine.
La fumagine est un champignon qui se développe sur les sécrétions sucrées des pucerons et des cochenilles. C'est un effet secondaire d'une attaque parasitaire.
Il ne met pas vraiment en danger la plante, mais il ralentit la croissance et laisse une couche noirâtre sur les feuilles.
Il faut éliminer la cause de la maladie, nettoyer la plante et enlever les feuilles les plus abîmées.

Autres Insectes
D’autres Insectes peuvent causer des dégâts aux orchidées :
Les Scarabées,
Les Thrips (Gynaikothrips ficorum, Frankliniella bispinosa, Frankliniella tritici, Heliothrips hemorrhoidalis, Selenothrips rubrocinctus),
Les Pucerons (Aphid gossypii, Macrosiphum luteum),
Les Mouches blanches (Trialeurodes vaporiariorum),
Les Charançons,
Les Fourmis,
Les Perce-oreilles,
Les Chenilles



Les Insectes s'attaquent principalement aux jeunes pousses tendres et aux fleurs. Les Thrips sucent la sève des feuilles, des bourgeons et des fleurs. Les Chenilles peuvent dévorer le feuillage.
Les Cétoines de la famille des Scarabées causent des dommages aux fleurs en se nourrissant de leurs parties tendres.
La plus connue est la « Cétoine dorée ».
Les Mouches blanches (Aleurodidés) restent posées à l’envers des feuilles leurs larves sucent la sève des feuilles.
Les larves de Moucherons, les Mouches noires et les Collemboles (environ 1 mm de long) aiment la tourbe et l'humus et dégradent le compost, elles s'attaquent aux racines si elles ne trouvent rien d'autre à manger.
Recherchant du nectar, les Abeilles, les Syrphes peuvent prendre les pollinies provoquant la fanaison prématurée des fleurs.

LES MILLIPÈDES
Les Millipèdes sont des visiteurs occasionnels qui vivent dans le compost et accélèrent leur décomposition. Ils attaquent parfois les racines, mais ils ne posent pas de problèmes majeurs cependant ils peuvent transmettre les maladies fongiques.

LES ACARIENS
Les Acariens, appelés aussi « araignées rouges » sont des parasites d’orchidées, les espèces les plus répandues sont : Tenuipalpus pacificus, Eutetranychus, Brevipalpus californicus, Tetranychus banksi, Tetranychus urticae ce dernier est l’espèce la plus courante.
Ils attaquent les Phalaenopsis, les Cymbidium, les Dendrobium et les Paphiopedilum.
Les Acariens, ou encore "Mites" pour les anglo-saxons (à ne pas confondre avec les larves de Lépidoptères) sont des Arachnides, ils possèdent huit pattes à l'état adulte.
De nombreuses espèces sont des parasites de plantes ou d'animaux, y compris de l'homme. Si plus de cinquante mille espèces sont actuellement connues, certains spécialistes estiment qu'il en existe d'inconnues.
La plupart sont microscopiques, leur taille est d'environ 0,15 mm, donc ils sont pratiquement invisibles à l'œil nu et vivent 3 à 5 mois. Ils prolifèrent dans les atmosphères tièdes et humides. Un acarien peut pondre jusqu'à 100 œufs.
Ils occupent tous les habitats depuis les fosses marines jusqu'aux fosses nasales des mammifères et des oiseaux, des tropiques à l'Antarctique, du bord des mers jusqu'aux sommets des montagnes, de nos matelas jusque dans le sol et les cavernes.
Leurs régimes alimentaires sont également très diversifiés. Certains acariens se nourrissent d'algues, de lichens, de pollen, de graines, ils piquent et sucent les feuilles ou les racines des végétaux. D'autres mangent des moisissures, des bactéries, des champignons, des matières organiques végétales ou animales plus ou moins décomposées, voire les desquamations de notre épiderme.
Les minuscules acariens produisent une fine toile sur l’envers des feuilles. Ils apparaissent surtout par temps sec et chaud. Ils attaquent les bourgeons, les pousses et les tiges florales. Les Acariens produisent des dégâts considérables en suçant la sève des feuilles, ils laissent des mouchetures blanc argenté sur les feuilles dont ils ont tué les cellules. Ils prolifèrent dans une atmosphère trop sèche et lorsque la température est élevée.
Le cycle de vie des acariens est d’environ 20 jours à 16°C et de 6 jours à 32°C !

LES MOLLUSQUES
Les Mollusques (Limaces et Escargots) peuvent faire des dégâts considérables en dévorant les bourgeons, les bulbes, les racines, les nouvelles pousses, les feuilles, les fleurs.
Les Limaces et les Escargots sont des mollusques terrestres munis d'un pied (ou sole) qui leur permet de ramper sur leur support, en y laissant une trace de mucus.
Le pied porte à l'avant deux paires de tentacules.
La bouche est munie d'une "radula", sorte de râpe qui permet à l'animal de décaper les tissus végétaux.
Le "manteau" sécrète une coquille en colimaçon, celle-ci est réduite chez la limace.
Les Escargots et les Limaces terrestres, respirent par un poumon s'ouvrant par le pneumocystose.



Comment détruire les Insectes, les Acariens et les Mollusques ?
a) la destruction manuelle :
Il suffit de nettoyer les feuilles avec du coton imbibé d'1/3 d'eau et de 2/3 d'alcool.
Les attrape-mouches (feuilles collantes) sont encore de nos jours une méthode de contrôle efficace et surtout non toxique. Cette technique n‘est malheureusement pas possible pour toutes les orchidées.
b) la lutte biologique
Seules les coccinelles indigènes se nourrissent de Cochenilles Diaspines, mais leur action est secondaire.
c) la lutte chimique
La plus efficace et qu’il faut la répéter régulièrement. Il existe différents types d’insecticides :
Les insecticides de contact : le produit touche directement l’insecte qui meurt par empoisonnement.
Les insecticides systémiques : le produit pénètre dans la sève de la plante et l’insecte meurt en mangeant les végétaux traités.
Les traitements par les insecticides systémiques sont relativement efficaces car ils peuvent venir à bout de tous les parasites même si ceux-ci occupent des endroits peu accessibles.
On utilise essentiellement du Parathion ou du Malathion, mélangé à des huiles de pétrole (Oléoparathion ou Oléomalathion). Le Parathion est donc très toxique et sa manipulation exige beaucoup de précaution, même dans sa préparation huileuse (Oléoparathion). Il agit par contact, ingestion et inhalation sur beaucoup d'insectes. Le Malathion agit par contact, ingestion et inhalation sur beaucoup d'insectes ainsi que sur les acariens. Il est peu toxique pour l'utilisateur, mais il a l'inconvénient de dégager une odeur très désagréable. Sur les orchidées, le Malathion s'utilise en pulvérisation, contre les pucerons et les acariens et en préparation huileuse (Oléomalathion) contre les cochenilles.
Ces produits sont des insecticides organophosphorés.
L'imidacloprid est commercialisé, en France, sous le nom d’« Admire », en Belgique sous le nom de « Compo Anti-pucerons ». C'est un excellent produit, mais il est nocif. En inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, il peut entraîner des risques de gravité limitée. On l'utilise sous forme de pulvérisation et son odeur est légère.
La firme Bayer le commercialise sous le nom de « Confidor ». Il se présente sous forme de liquide à diluer et à pulvériser.
Certains amateurs affirment pouvoir limiter la propagation des cochenilles en les pulvérisant régulièrement avec du savon noir dilué.
Pour lutter efficacement contre les acariens, seule la lutte chimique est efficace. On trouve dans le commerce des produits spécifiques comme le « Masaï » commercialisé par la firme Bayer qui contient du Tébufenpyrad.
Les escargots ou les limaces peuvent être détruits en utilisant des appâts mini-granulés (amorces métaldéhyde).

LES MALADIES
1.Les champignons
Les champignons attaquant les orchidées sont principalement :
Le Phytophthora palmixora,
Le Curvularia eragostidis,
Le Colletotrichum glucocorticoïdes,
Le Botrytis,
Le Cercospora dendrobii,
Le Cladosporium,
Le Polychaeton,
Le Trichomeriun grandisporum,
Le Fusarium moniliose,
Le Phyllosticta capilensis.
Le champignon Phyllosticta capitalensis provoque des taches sur les feuilles. Celles-ci sont typiquement jaunes ou noires, circulaires et petites. Ces taches restent inchangées pendant de nombreux mois. Cependant, la croissance du champignon augmente dans les tissus de la feuille, des pourritures brunes se développent. Dans la semaine qui suit la feuille entière est tuée.
Sur ce Dendrobium, les fleurs parasitées sont plus petites que les fleurs saines et piquées de petites taches bleues ou lavande sur des variétés pourpres. Lorsque le champignon se répand, une pourriture noire couvre rapidement les fleurs en 1 ou 2 jours.
Le Fusarium est présent partout et se propage avec la poussière. L'attaque commence par le compost et se déroule en surface. Le champignon se développe plus volontiers lorsque la fertilisation est trop riche en azote, lorsque l’aération est mauvaise. Les Miltonia, Odontoglossum et Zygopetalum sont plus fréquemment atteints.
Le Cercospora s'attaque aux plantes affaiblies par des erreurs de culture.
La Rouille de l'orchidée est causée par une contamination et une humidité ambiante trop élevée.
Le Botrytis se développe sur les orchidées dont la fertilisation est trop azotée, lorsque les feuilles sont restées humides ou par contagion avec d'autres plantes d'appartement.
La pourriture noire (black-rot) est causée par le Pythium. Les jeunes plants peuvent fondre en une seule nuit. L'air trop humide, l'eau stagnante et la température trop basse en sont les causes.
L’Anthracnose est une maladie provoquée par un champignon (Colletotrichum gloeosporioides), cette maladie se caractérise par de petites taches circulaires brun-noir sur les feuilles, le centre des taches devient gris par la suite.


Les symptômes suivants apparaissent : décoloration violacé noire de la partie basique des feuilles.
L'infection commence par la racine qui plus tard devient décolorée et ratatinée. Elle se propage ensuite aux feuilles, aux tiges et bientôt à la plante entière.
Contrôle : il faut séparer les plantes infectées ou les détruire afin d'éviter la diffusion du champignon.
Une bonne aération de la serre est essentielle et il convient aussi d'éviter le confinement des plantes. Réduisez l'arrosage quand la température est basse et utilisez un compost aéré ou le drainage est efficace.
Évitez l'utilisation excessive d'engrais organique. Un haut taux de potasse peut réduire l'intensité de la maladie. Il semble que l'utilisation élevée d’engrais azotés augmente l'intensité de la maladie.
Au besoin rempoter la plante dans un nouveau compost.

2. Les bactéries
Différentes maladies bactériennes peuvent détruire les orchidées plus spécifiquement les Phalænopsis, les Dendrobium mais aussi les Vanda, les Ascocenda et les Oncidium.
Les bactéries responsables de la pourriture molle des feuilles, des racines et des collets sont principalement : Erwinia cypripedii, Erwinia chrysanthemi, Erwinia carotovora, Pseudomonas aeruginosa, Pseudomonas andropogonis, Pseudomonas fluorescens, Pseudomonas cattleyae. Les bactéries produisent des enzymes qui digèrent les tissus des végétaux ce qui provoque la liquéfaction des tissus. Les feuilles et les racines ramollissent, brunissent et meurent. Les infections bactériennes sont transmises par l'eau, le milieu d'empotage ou des conditions hygiéniques déficientes.
Mesures de Contrôle
Désinfecter les instruments de taille comme des couteaux, les ciseaux et le sécateur. Il est prudent de détruire les parties de la plante ou les plantes infectées afin de ne pas propager la maladie dans une collection d’Orchidées.
Une bonne hygiène de la serre permet d’éviter les maladies bactériennes. Jeter donc les fleurs fanées avant qu’elles ne pourrissent, augmenter la ventilation de la serre. On peut aussi traiter les plantes avec un antiseptique à large spectre comme le Physan, le Bénomyl ou le Fonginex (fongicide – bactéricide)

3. Les maladies virales
Des maladies virales sont répandues dans les cultures d'orchidées en croissance et elles peuvent aisément s'étendre à l'aide des instruments infectés.
Les plantes infectées par des virus continuent à fleurir, mais il convient d’éloigner la plante infectée des autres afin de ne pas étendre la maladie.
Les virus les plus répandus sont : le Cymbidium Virus Mosaïque (CYMV) le Virus de Mosaïque de Tabac (TMV) ou l’Odontoglossum Ringspot Virus (ORSV).
Symptômes : Il y a des symptômes divers selon le type de virus, on aperçoit en général des taches de décoloration sur le feuillage qui va ensuite se nécroser. Parfois les symptômes sont multiples et difficiles à détecter.
Ascocenda, Vanda, Dendrobium et Oncidium sont sensibles au virus CYMV. Une orchidée peut être infestée par plusieurs types de virus exposant un mélange complexe de symptômes.
Contrôle : tous les instruments de coupe comme les couteaux, les ciseaux et le sécateur doivent êtres nettoyés à fond pour éviter l'infection.
Par Viviane Starck - Publié dans : Orchidées - Communauté : Orchidées
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Mardi 3 janvier 2006 2 03 /01 /Jan /2006 17:30
Quelques orchidées parfumées ... juste pour vous donner une idée

Suberbe Bulbophyllum echinolabium au "parfum" puissant de ... charogne

ACAMPE
Acampe dentata - parfum délicat
Acampe papillota - odeur très forte de jacinthe
Acampe praemorsa - odeur forte
ACANTHEPHIPPIUM
Acanthephippium bicolor - odeur forte et sucrée
Acanthephippium javanais - odeur forte
Acanthephippium sylhetense - odeur puissante
ACINETA
Tous les Acineta sont odorants
Acineta barkeri - odeur forte
Acineta chrysantha - odeur forte
Acineta colmani - odeur forte et anisée
Acineta superba - odeur forte et épicée
AERANGIS
Les Aerangis sont des orchidées parfumées
Aerangis biloba - odeur nocturne de citron
Aerangis brachycarpa - odeur matinale forte et sucrée
Aerangis caligera - odeur puissante
Aerangis citrata - odeur faible de citron
Aerangis clavigera - odeur puissante
Aerangis confusa - odeur crépusculaire
Aerangis ellisii - odeur puissante mais irrégulière de gardénia
Aerangis friesisch - odeur puissante au crépuscule et la nuit
Aerangis fuscata - odeur forte
Aerangis kotschyi - odeur puissante et épicée, crépusculaire et nocturne, ce parfum sent l’œillet et la vanille
Aerangis modesta - odeur puissante et épicée, légèrement mentholée
Aerangis mystacidii - odeur de Lys
Aerangis platycéphale - odeur de ylang-ylang
Aerangis stylosa - odeur crépusculaire, épicée
Aerangis verdict - odeur forte et sucrée
Aerangis verdicosa - odeur de miel
AERIDES
Chez les Aerides toutes les espèces sont odorantes.
Aerides houlletianum - odeur puissante
Aerides lawrenciae - odeur forte et épicée de citron
Aerides leeana - odeur sucrée
Aerides mitrata - odeur sucrée
Aerides roebelinii - odeur forte
ANGRAECUM
Les Angraecum sont des orchidées qui dégagent des senteurs nocturnes puissantes.
Angraecum distichum - odeur de narcisse
Angraecum falcatum - odeur d'amande
Angraecum leonis - odeur forte et crépusculaire
Angraecum magdalenae - odeur nocturne sucrée et épicée
Angraecum sesquipedale - odeur puissante
ANGULOA
Les Anguloa ont des senteurs assez particulières, presque médicinales.
Anguloa cliftonii - odeur forte
Anguloa clowesii - odeur puissante et fraîche d’eucalyptus
Anguloa rueckeri - odeur forte
ANSELLIA
Ansellia africana - odeur diurne, faible légèrement épicée
ASCOCENTRUM
Ascocentrum curvifolium - odeur délicate
Ascocentrum hendersonianum - odeur délicate
BARKERIA
Barkeria naevosa - odeur de musc
BIFRENARIA
Bifrenaria harrisoniae - odeur exotique
Bifrenaria tetragona - odeur sensuelle
BRASSAVOLA
Les Brassavola dégagent toutes une délicieuse odeur crépusculaire et nocturne.
Brassavola tuberculata - odeur faible de vanille et de gardénia
Brassavola nodosa - odeur florale
Brassavola digbyana (Rhyncholaelia digbyana) - odeur puissante et agréable, sucrée, rappelant le citron, la rose, la Chartreuse.
BRASSIA
Toutes les Brassia sont délicatement parfumées
Brassia longissima - odeur légère mais agréable de moisi
Brassia allenii - odeur de miel
BULBOPHYLLUM
Certains Bulbophyllum sont pollinisés par des mouches, leur odeur nous est déplaisante
Bulbophyllum ambrosia - odeur d’amande amère
Bulbophyllum auricomum - odeur puissante
Bulbophyllum buntingii - odeur forte de coumarine
Bulbophyllum cocoinum - odeur forte de noix de coco séchée
Bulbophyllum echinolabium - odeur forte de charogne
Bulbophyllum putidum - odeur de charogne
Bulbophyllum lepidum - odeur désagréable
Bulbophyllum lobbii - odeur agréable de jasmin et de fleurs d’oranger
CADETIA
Cadetia hispida - odeur sucrée de vanille
CALANTHE
Les Calanthe exhalent des parfums doux et agréables
Calanthe Izu-insularis - senteurs florales
Calanthe Sieboldii - odeur d’épluchures d’orange
CATASETUM
Tous les Catasetum sont parfumés, les fleurs mâles de certains catasetum dégagent quelques jours après leur éclosion une odeur forte et musquée.
Catasetum appendiculatum - odeur épicée
Catasetum bungerothii (pileatum) - odeur puissante
Catasetum fimbriatum - odeur puissante, épicée mais irrégulière
Catasetum macrocarpum - odeur forte et épicée
Catasetum oerstedii - odeur forte
Catasetum saccatum - fleur mâle odorante
Catasetum tenebrosum - odeur épicée et citronnée
Catasetum thylaciochilum - odeur sucrée et nocturne
Catasetum warscewiczii - odeur de citron et de roses
CATTLEYA
Ce genre offre une très grande variété de parfums. Voici les plus remarqués.
Cattleya aclandiae - odeur forte et épicée
Cattleya amethystoglossa - odeur épicée
Cattleya bicolor odeur forte d’œillet
Cattleya dowiana - odeur remarquable, sucrée, citronnée
Cattleya granulosa - odeur puissante, sucrée et poivrée
Cattleya guttata - odeur puissante, sucrée, médicinale
Cattleya harrisoniana - odeur faiblement épicée
Cattleya intermedia - odeur sucrée
Cattleya loddigesii - odeur épicée
Cattleya mossiae - odeur sucrée et alliacée
Cattleya schilleriana - odeur sucrée
Cattleya violacea - odeur fortement épicée
Cattleya wageneri - odeur alliacée
Cattleya walkeriana - odeur forte de cannelle
CEPHALANTHERA
Cephalanthera damasonium - odeur de vanille
CHAMAEANGIS
Chamaeangis odoratissima - odeur forte
Chamaeangis orientalis - odeur forte de narcotique
Chamaeangis rusicola - odeur puissante
CIRRHOPETALUM
Les Cirrhopetalum sont un réel plaisir visuel, mais on ne peut pas dire la même chose de l’odeur qui s’en dégage.
Cirrhopetalum gracillium - odeur d’algues et de crustacés
Cirrhopetalum robustum - odeur pénétrante d’acide acétique et butyrique (beurre rance)
Cirrhopetalum fascinor - odeur d’acide butyrique et de restes d’effluves de poissons
CLOWESIA
Clowesia rosea - odeur forte de cannelle
Clowesia russeliana - odeur sucrée
Clowesia warscewiczii - odeur de citron
COCHLEANTHES
Cochleanthes discolor - odeur d'eucalyptus
COELOGYNE
De nombreux Coelogyne exhalent des parfums « épicés-floral »
Coelogyne barbata - odeur de musc
Coelogyne cristata - odeur épicée de jacinthe
Coelogyne densiflora - odeur de musc
Coelogyne fimbriata - odeur de musc
Coelogyne flaccida - odeur très puissante de musc
Coelogyne huetneriana - odeur puissante de musc
Coelogyne pandurata - odeur épicée de vanille et de cannelle
CORYANTHES
Chacune des espèces est pollinisée par "son" abeille dont elle émet l'odeur spécifique.
Coryanthes leucocorys - odeur forte de menthe
Coryanthes macrantha - odeur forte
Coryanthe nitida - odeur sucrée
CYCNOCHES
Cycnoches chlorochilon - odeur forte
Cycnoches cucullata - odeur de miel
Cycnoches pentadactylon - odeur de chocolat
Cycnoches ventricosum - odeur forte de banane
CYMBIDIELLA
Cymbidiella flabellata - odeur de vanille
CYMBIDIUM
Cymbidium faberii - odeur de musc, de citron et de jasmin
Cymbidium goeringii - odeur sucrée de lys
Cymbidium kanran - odeur d’épluchures de citron
Cymbidium mastersii - odeur sucrée d’amandes
Cymbidium sinense - odeur de thé
CYPRIPEDIUM
Cypripedium acaule - odeur de melon d’eau
Cypripedium calceolus - odeur forte de musc
DENDROBIUM
Famille très parfumée.
Dendrobium aggregatum - odeur faible de miel
Dendrobium anosmum - odeur puissante de fraise ou de rhubarbe
Dendrobium aureum - odeur de violette
Dendrobium chrysotoxum - odeur forte d’aubépine
Dendrobium draconis - odeur de mandarine
Dendrobium formosum - odeur sucrée
Dendrobium kingianum - odeur sucrée
Dendrobium leonis - odeur de vanille
Dendrobium moniliforme - odeur de camélia, d'azalée
Dendrobium musciforme - odeur de vanille
Dendrobium pulchellum - odeur de musc
Dendrobium scrabilingue - odeur de chèvrefeuille, de jasmin.
Dendrobium speciosum - odeur de jacinthe.
Dendrobium superbum - odeur de raisin
DENDROCHILUM
Dendrochilum arachnites - odeur de cannelle.
Dendrochilum glumaceum - odeur forte de vanille
ENCYCLIA
Encyclia citrina - odeur anisée
Encyclia cordigera - odeur épicée
Encyclia fragrans - odeur de miel et de vanille
Encyclia radiata - odeur épicée
Encyclia trifolium - odeur délicate de citron
Encyclia vespa - odeur de vanille
EPIDENDRUM
Epidendrum falcatum - odeur forte qui embaume toute la serre le soir
Epidendrum fragrans - odeur puissante
Epidendrum parkinsonianum - odeur de jasmin, de lys
GOMESA
Gomesa crispa - odeur de primevère
GONGORA
Toutes les Gongora ont de délicates nuances fruitées ou "chimiques"
Gongora armenica - odeur d’abricot
Gongora galeata - odeur forte de médicaments
Gongora leucochila - odeur de foin brûlé
Gongora tricolor - odeur forte épicée
Gongora unicolor - odeur d’œufs et de chocolat
HOULLETIA
Houlletia odorissima - odeur de violette
JUMELLEA
Jumellea fragrans - odeur de jasmin
LAELIA
Laelia albida - odeur de primevère
Laelia gouldiana - odeur délicate de violette
Laelia primaveralis - odeur de musc
Laelia purpurata - odeur forte et agréable
LYCASTE
Les Lycaste exhalent des odeurs souvent épicées
Lycaste aromatica - odeur forte de cannelle et de citron
Lycaste brevispatha - odeur de pomme
Lycaste cruenta - odeur de cannelle et de girofle
Lycaste deppei - odeur de menthol et eucalyptus
Lycaste lanipes - odeur de miel
Lycaste locusta - odeur de pomme mûre
MASDEVALLIA
Masdevallia colossus - odeur de charogne
Masdevallia estradae - odeur d’agrumes
Masdevallia falcago - odeur de citron
Masdevallia glandulosa - odeur d’œillets
Masdevallia tovarensis - odeur sucrée
MAXILLARIA
Maxillaria tenuifolia - odeur de noix de coco
Maxillaria rufescens - odeur de vanille
MILTONIA
Miltonia spectabilis - odeur de rose épicée
MORMODES
Les Mormodes sont proches des Cycnoches et des Catasetum. Ces orchidées sont presque toutes parfumées, l’odeur est généralement épicée.
NEOFINETIA
Neofinetia falcata - très odorant surtout la nuit, un mélange d’odeurs de jasmin, de vanille et de chocolat.
ODONTOGLOSSUM
Odontoglossum cordatum - odeur d’aubépine
Odontoglossum crispum - odeur de primevère
Odontoglossum hastillabium - odeur forte de musc
Odontoglossum pulchellum - odeur de jacinthe
ONCIDIUM
Oncidium calochilum - odeur de rose et de citron
Oncidium lanceanum - odeur forte de vanille
Oncidium ornithorynchum - odeur très agréable de vanille et de chocolat
Oncidium tigrinum - odeur de freesia ou de rose
PAPHIOPEDILUM
Paphiopedilum delenatii - odeur épicée et de citron
Paphiopedilum malipoense - odeur de framboise
PHALAENOPSIS
Phalaenopsis amboinensis - odeur de musc
Phalaenopsis javanica - odeur de violette
Phalaenopsis schilleriana - odeur faible
RHYNCHOSTYLIS
Genre au parfum inoubliable et envoûtant.
Rhynchostylis gigantea - odeur très puissante et sucrée
SPATHOGLOTTIS
Spathoglottis unguiculata - odeur de jus de raisin
STANHOPEA
Toutes les Stanhopea exhalent un parfum puissant, épicé, suave, envoûtant et inoubliable
TRICHOPILIA
Trichopila fragrans - odeur d’amande
Trichopila suavis - odeur d’aubépine
VANDA
De nombreuses espèces de Vanda ont un parfum délicat
Vanda tricolor - odeur de violette
ZYGOPETALUM
Genre très parfumé
Zygopetalum crinitum - odeur d’œillet
Zygopetalum mackayi - odeur délicate de jacinthe
Par Viviane - Publié dans : Orchidées
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Mardi 3 janvier 2006 2 03 /01 /Jan /2006 16:42

L'odorat est le sens du désir, de l'appétence, de l'instinct. Il porte la marque de notre animalité, c'est probablement pourquoi il est le plus dénigré de tous les sens car il est chargé de tabous mais aussi de mystérieuses fascinations.
Cependant, notre langage est impuissant à traduire les sensations olfactives.
Les récepteurs olfactifs sont encore très mal connus. Leur rôle exact face à des molécules odorantes, leur sélectivité respective ne sont pas clairement définis.
L’idée la plus raisonnable, développée par des physiologistes, est qu’une molécule odorante déclenche une réponse sur un certain nombre de cellules 100, 1000, 10000 qui envoient un signal au cerveau.
Le fait que ce soient telles cellules plutôt que d’autres qui envoient ce signal permet au cerveau de se souvenir qu’il a déjà “vu” ou non la molécule impliquée.
L'odeur naît donc d'une rencontre dans les profondeurs des fosses nasales entre les molécules qui s’échappent des fleurs, des fruits ou des parfums, et les quelque 10 millions de cellules réceptrices qui forment notre appareil olfactif.
Les cils olfactifs peuvent détecter jusqu’à 10000 effluves différents à des concentrations extrêmement faibles.
Dès que l’on approche une fleur du nez, les molécules odorantes entrent en contact avec la membrane des cils olfactifs.
La perception d'une odeur résulte d'un stimulus très rapide, presque instantané, qui comporte plusieurs informations parmi lesquelles, l'intensité et la qualité de l'odeur.
Au niveau de l'intensité, notre odorat se comporte comme pour la notion de chaud et de froid. L'intensité du signal est importante au début de la perception puis baisse progressivement avec l'adaptation.
Sur le plan qualitatif, notre odorat fonctionne comme pour la notion de goût. Nous pouvons reconnaître, apprécier et classer la qualité d'une odeur.
Le nez humain est capable de reconnaître jusqu'à 4.000 odeurs à des concentrations très faibles en molécules odorantes.
Tout cela explique qu’un parfum peut susciter une émotion sensorielle et sensuelle.

Les orchidées sont, pour l'amateur de plantes odorantes, nimbées d'une aura de fascination et de mystère qui n'appartient qu'à elles. Elles sont fabuleuses, extraordinaires, magiques.
Pourtant, leurs extraits odorants ne sont pas, ou très peu, exploités en parfumerie. Seule la Vanille ou Tlilxochitl des Aztèques, est devenue, avec la découverte et la conquête du Nouveau Monde, l'un des principes aromatisant les plus connus et exploités. Mais il ne s'agit pas de la fleur mais du fruit qui est traité en vue de l'aromatisation des aliments et dans la composition des parfums.
Encore aujourd’hui, même depuis l'étude de la composition chimique de leurs émanations florales par les différentes techniques de "l'espace de tête", on ne rencontre pas sur le marché du parfum d'extraits odorants naturels d’orchidées.
Quelques tentatives d'extraction ont été effectuées à partir des fleurs d'orchidées exotiques, dont la fleur de Vanille et le Dendrobium Pompadour.
La difficulté de se procurer de grandes quantités d'orchidées épiphytes pour le traitement industriel de l’extraction des essences parfumées explique l'extrême rareté sur le marché d'extraits odorants d’orchidées.
L’orchidée, fleur mystérieuse, magique, fascinante mériterait pourtant qu’on lui rende hommage.
La famille des orchidées est très probablement la plus grande et en même temps la plus jeune famille de fleurs. Les orchidées offrent une grande variété de formes, de couleurs et surtout d'odeurs. Une idée fausse circule : elle affirme que les orchidées sont inodores. Cette idée fausse vient du fait que les hybrides que l’on trouve aujourd'hui chez les fleuristes et horticulteurs sont souvent sans odeur, ou dégageant une odeur faible.
Parmi les espèces naturelles, 50 % des 2.000 d’entre elles ont été classées comme modérément à fortement odorantes, et seulement 15 à 20 % comme inodores. Il faut noter aussi qu’un grand nombre de ces orchidées sont caractérisées par une émanation d’odeur pendant une période très courte de la journée.
Même si le parfum des orchidées plaît souvent à notre sensibilité esthétique, sa raison première, est bien évidemment l'attraction des insectes pollinisateurs.
Charles Darwin, dans son œuvre, The Various Contrivances by which Orchids are Fertilized by Insects démontra la corrélation entre l’émission d’odeurs et l’attraction des insectes pollinisateurs.
De nombreux scientifiques américains et suédois, Dodson, Dressler, Williams, Whitten, Kullenberg, Bergstöm, Nilsson, Karlson, ont étudié les relations entre les d'orchidées et leurs pollinisateurs.

Les orchidées au parfum agréable sont  appelées "orchidées papillons de nuit"
Environ 8 % des espèces d’orchidées exhalent un parfum nocturne, elles sont en effet pollinisées par des papillons de nuits. Ces orchidées sentent le jasmin, le chèvrefeuille, la tubéreuse, le gardénia, elles sont souvent de couleur blanche ou ivoire, ce qui en plus de l'irrésistible parfum, attire les papillons de nuit pendant leur vol.
L'exemple peut-être le plus fascinant est celui de l'Angraecum sesquipedale originaire de Madagascar. Cette orchidée produit, seulement la nuit, un parfum rappelant le lys.
L'Angraecum sesquipedale possède un éperon d’une longueur pouvant atteindre jusqu'à 45 cm, Charles Darwin décrivit ces fleurs magnifiques, en 1862, et prédit aux botanistes et aux biologistes l'existence d'un insecte dont le proboscidien (la trompe) serait suffisamment long pour pouvoir prélever le nectar au fond de ce très long éperon. Quarante ans plus tard, le pollinisateur correspondant : le papillon de nuit, de la famille des Sphinx, le Xanthopan morgani, fut découvert dans les forêts chaudes et humides de Madagascar. Il reçut, en l'honneur de Darwin, le nom supplémentaire de " praedicta".
Le parfum émis par l’Angraecum sesquipedale est formé de 40 composants, principalement l’isovaleraldoxime (34 %), le phenylacetaldoxime (2 %).
Les oximes, notamment les isovaleraldoxime, methylbutyraldoxime et phenylacetaldoxime (composés chimiques comportant une liaison double entre un atome de carbone et un atome d'azote) se retrouvent parmi les composants chimiques de nombreux Angraecum.
Le parfum de l’Angraecum eburneum ssp eburneum est formé de 33 composants et contient 9,9 % d’isovaleraldoxime.
Le parfum de l’Angraecum eburneum ssp superbum est formé de 25 composants, et contient 26,8 % de 2-methylbutyraldoxime.

Les orchidées sont des exemples fascinants d'une coévolution impressionnante entre les fleurs et des pollinisateurs. Ces orchidées offrent un excès de nectar, souvent caché au fond d'un long tube de corolle ou d'un long éperon. Le nectar est accessible uniquement pour le papillon dont le proboscide présente une longueur identique à celle de l’éperon de l’orchidée.
Un autre genre d’orchidées africaines très attrayant, ne contenant pratiquement que des représentants de couleur blanche et actifs de nuit, est celui des Aerangis qui compte environ 50 espèces.
L’Aerangis confusa, originaire du Kenya, et Aerangis kirkii, originaire du Kenya et de la Tanzanie exhalent une agréable senteur de type "fleur blanche" caractérisée par des aspects tubéreux et gardénia.
Le produit naturel responsable de ce parfum est le cis-4-méthyl-5-décanolide.
Cette lactone d'odeur agréable présente dans ces deux espèces d’Aerangis, a été appelée lactone aerangis (La lactone est un ester cyclique, c’est-à-dire un acide carboxylique caractérisé par la présence du groupe fonctionnel carboxyle -CO2H.).
La lactone représente dans Aerangis confusa environ 2 à 5 % et dans Aerangis kirkii l'énorme quantité de 20 à 30 % des composants de "l'espace de tête".
Il est intéressant, de noter que la lactone est accompagnée par un autre produit naturel identifié jusqu'à aujourd'hui seulement dans ces espèces d'Aerangis, le 3-méthyl-octanoate de méthyle. Cet ester ajoute à l'odeur une note de fruits trop mûrs et de levure de vin.
L’Aerangis confusa contient 2,7 % de cis-4-méthyl-5-décanolide, l’Aerangis kirkii en contient 26,2 %.

Les orchidées qui puent sont appelées "orchidées mouches"
Contrairement aux espèces actives la nuit, qui souvent flattent notre odorat, certaines orchidées exhalent une odeur de charogne. Rien d’étonnant puisque leurs pollinisateurs sont des mouches à viande. Ces diptères sont attirés par l’odeur, la couleur et la texture de l’orchidée et déposent leurs œufs sur le labelle. La pollinisation a lieu à cette occasion, ce qui est le but de tout ce mimétisme.
Ce phénomène est représenté par environ 15 % des espèces d’orchidées et spécialement par les genres Cirrhopetalum et Bulbophyllum que l'on rencontre dans le sud-est asiatique.
Un exemple inoubliable est Cirrhopetalum robustum des forêts tropicales humides de la Nouvelle-Guinée. Les fleurs exhalent une puanteur pénétrante, elles contiennent de l'acide butyrique (- 4 %), de l'acide 2méthylbutyrique (- 3 %) et ses homologues ainsi qu'une note aminée non encore identifiée.
Le Bulbophyllum echinolabium sent aussi la vieille charogne.
Les Masdevallia, genre sud-américain, présente aussi des espèces avec ce type d'odeurs pénétrantes. L’exemple type est la Masdevallia caesia des forêts humides de montagne de Colombie ; son odeur aussi est dominée par l'acide butyrique (2,5 %).
Le cas du Dracula chestertonii et de son prodigieux talent de mimétisme est impressionnant : cette fleur originaire de Colombie présente comme message sémiochimique une odeur de champignon.
Son constituant principal est l'octen-3-ol (46 % des substances dans "l'espace de tête") est actuellement le composant caractéristique de nombreuses espèces de champignons.
De plus, le grand labelle de cette espèce de Dracula imité parfaitement le volume et la forme de la tête d'un champignon existant dans le même biotope ; les femelles des mouches à champignons sont attirées et agissent comme pollinisateurs.

Les orchidées au parfum agréable émis la journée sont appelées aussi "orchidées abeilles"

Environ 60 % du total des espèces d’orchidées libèrent leur senteur pendant la journée. Ces orchidées tropicales et subtropicales attirent par un très large spectre d'odeurs, les espèces d'abeilles respectives, des guêpes ou des bourdons. Ces parfums couvrent le spectre entier de "rose-floral", "ionone-floral", "épicé-floral" à "animal-floral", et ces notes incluent les combinaisons possibles caractérisées par des aspects musc ou boisé.
Quelques exemples illustrent ce groupe très varié des orchidées abeilles.
Les néotropiques dont l’exemple le plus célèbre est le Cattleya labiata originaire du Brésil.
Le Cattleya labiata est souvent considéré comme la quintessence des orchidées. Ces fleurs pourpres sont spectaculaires et émanent une senteur attrayante "épicée-florale" composé de linguatule (16,1 %), de benzoate de méthyle (8 %), de salicylate de méthyle (6 %), d'alcool phényléthylique (1 %), l'époxide de caryophyllène (2,6 %), de caryophyllène (10,2 %), d'eugénol (1 %), et complétée par de nombreux constituants mineurs.
Le Cattleya luteola représente bien la soixantaine d'espèces du genre Cattleya. Elle est originaire des Etats d'Amazone et des régions adjacentes du Pérou.
Si on analyse ses fleurs jaunes tôt le matin entre 4 et 6 heures, on peut jouir d'un parfum délicat et frais, vert-floral, légèrement boisé d'une intensité relativement faible. Vers 7 heures du matin, cette senteur n'est pratiquement plus perceptible. Ce parfum délicat est composé de plus de 95 % d'hydrocarbures sesquiterpéniques de seuil de perception assez élevé tels que le caryophyllène (83,5 %) et l'a-copaene (4,5 %), mais les constituants vraiment responsables de la senteur représentent moins de 1 % de "l'espace de tête" total : le cis-3-hexenol, le nonanal, le decanal, l’alcool phenylethyl et le jasmone
L'observation faite par Dodson dans des études en plein champ au Pérou est très intéressante, le Cattleya luteola est vraiment visité et pollinisé entre 5 h.30 et 5 h. 45 du matin par une espèce d'abeille crépusculaire. L'émanation de la senteur et la courte période de visite par le pollinisateur, sont donc optimalement synchrones.
Le merveilleux Cattleya dowiana doit les particularités de son parfum à l’alcool phenylethyl (17 %), au linalool (15,5 %), au geranial (15 %), à 2-amino benzaldehyde, à l’eugenol, à l’indole et à un soupçon de vanilline.

Le genre Masdevallia, autre genre néotropique, comprend environ 380 espèces, presque toutes épiphytiques. Ces fleurs fascinantes, souvent d'une couleur merveilleuse, sont d'une taille hors du commun. Ce genre est en général considéré sans odeur, pourtant il est composé de nombreuses espèces exhalant une odeur très déplaisante et pénétrante. Pourtant l'extrême diversité dans la senteur d'orchidée est reflétée jusque dans ce seul genre. Il inclut un représentant extraordinaire du type "épicé-floral" la Masdevallia glandulosa. Son parfum est absolument transparent, une combinaison attrayante de notes d'œillet et de daphné. Son composant majeur est l'eugénol (13,5 %), l'alcool cinnamique (3,9 %), le chavicol (1,5 %), la vanilline, l'alcool benzylique (14 %), l'alcool phényléthylique (6,3 %) et un soupçon de vanilline. Tous ces constituants forment l'accord de base "épicé-aromatique", qui est amélioré par les notes fraîches-florales du linalool (1,5 %) et de l'ocimène (11 %) ainsi que par la note fruitée du 3-hydroxybutyrate de méthyle (10,8 %).
Le parfum de la Masdevallia laucheana originaire du Costa Rica est aussi unique. À l’aube, son parfum est extraordinairement diffusif, frais, "rose-floral" et "ionone-floral". Son composant principal, l'ocimène (60 %), est accompagné de nérol (1 %), de géranial (6 %), de citronellol (2,5 %) et de géraniol (20,6 %), et l'accord résultant est arrondi par la béta-ionone (0,5 %) et par des traces de plusieurs autres substances chimiques.
La Masdevallia veitchiana, de couleur vermeille, espèce originaire du Pérou, est une espèce inodore. Cette orchidée n'a pas besoins d'odeur - elle est pollinisée par des colibris qui utilisent les couleurs brillantes plutôt que l'odeur pour repérer la fleur.

Les Stanhopea, habitant l’Amérique tropicale, sont des orchidées éphémères mais caractérisées par des parfums envoûtants et fascinants. Le parfum des Stanhopea est pour moi inoubliable, j’ai acheté des Stanhopea pour leur parfum !
La Stanhopea ecornuta doit les particularités de son parfum au (E)-ocimene et à l’aldhéhyde cinnamic.
Le parfum de la Stanhopea tigrina provient des composants mineurs accompagnant l’acetate de phenylethyl (92 %), en particulier la béta-ionone, la couramine, la vanilline, le p-hydroxy phenylbutan-2-one.

La région indoaustralienne abrite 40 à 50 % de toutes les espèces d'orchidées. La senteur du Cymbidium goeringii, originaire du sud de la Chine, de Formose et du sud du Japon est très attrayante. La variété chinoise exhale une senteur merveilleusement pure et transparente qui rappelle le citron parfaitement mûr, le lys de la vallée, et surtout le jasmonate de méthyle. En effet, lors de l’analyse chimique en 1991 on a découvert dans la senteur isolée non seulement les cis ou trans (Z)-jasmonates de méthyle connus, mais même de plus fortes quantités de la substance 4 et de son analogue trans, qui contribuent principalement à la senteur du Cymbidium goeingii. Ces jasmonoïdes sont accompagnés par les constituants majeurs, le nérolidol (58 %) et le (E, E)-farnesol (11,5 %), ainsi que leurs dérivés, ils sont responsables du côté lys de la vallée de cette noble senteur d'orchidée.

Conclusion
Il existe trop peu de qualificatifs pour décrire la multitude des parfums exhalés par les orchidées et je ne peux en donner qu’un bref aperçu. Il est important de retenir que l’émanation des senteurs d'orchidées peut être caractérisée par son extrême dépendance à l'heure.
De son temps, Carolus Linaeus avait établi le plan d'une horloge de fleurs dans laquelle les plantes étaient disposées de telle sorte que les fleurs s'ouvraient ou se fermaient séquentiellement selon l'heure.
De façon analogue, on pourrait concevoir une horloge pour les orchidées conformément à la période d'émanation de senteur.
Nous aurions, par exemple
- à l’aube, le Cattleya luteola,
- -vers midi, la Masdevallia laucheana,
- -au crépuscule l’Aerangis confusa.

Par Viviane - Publié dans : Orchidées
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Mardi 27 décembre 2005 2 27 /12 /Déc /2005 15:30
Recettes à base d’orchidées



Les recettes à base d’orchidées ont la réputation d’être aphrodisiaques.
Des maîtres glaciers turcs fabriquent encore aujourd'hui une étrange spécialité au goût de beurre de yak et à l'odeur de poils de chèvre mouillés : LA GLACE AUX "TESTICULES DE RENARD"
C'est un dessert confectionné avec du lait, du sucre et du salep : farine blanchâtre obtenue à partir des bulbes séchés de certaines orchidées sauvages terrestres.
Le mot salep vient de l'arabe saleb, qui signifie "testicule de renard » .
À en croire certains spécialistes, cette glace prévient le choléra et la tuberculose, facilite l'accouchement, arrête les tremblements des pieds ou des mains et accroît les performances sexuelles.
Des récits anciens relevaient déjà les vertus des orchidées et, dès le Ier siècle de notre ère, le médecin grec Dioscoride recommandait l'usage des bulbes d'orchidée comme aphrodisiaque.
Le mot grec orchis signifie d'ailleurs "testicule", et il semble effectivement qu'à l'origine, les Européens se soient davantage intéressés aux orchidées pour les effets érotiques de la consommation des bulbes que pour la contemplation des superbes fleurs.
Dans la rubrique « Diaporamas » vous pouvez consulter quelques fiches de recettes : le philtre d’amour, le rhum faham, le rhum réunion, le philtre d’amour guatémaltèque, le philtre du dragon, l’aphrodisiaque d’antan et le vin aphrodisiaque.
Consultez les fiches de recettes sans plus attendre !!!


Par Viviane Starck - Publié dans : Orchidées - Communauté : Orchidées
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Lundi 26 décembre 2005 1 26 /12 /Déc /2005 10:49

Il existe de nombreux mythes, légendes et superstitions associés aux orchidées. Ces plantes ont toujours suscité, aux différentes époques et chez les différents peuples, une fascination presque mystique.

Les formes adoptées par les orchidées pour attirer l'insecte pollinisateur ont toujours exercé un pouvoir de fascination. Leur mimétisme a ainsi puissamment influencé d'invraisemblables croyances magiques, thérapeutiques et religieuses.

Vers 240 avant notre ère, l'Empereur Shi-Kotei demanda conseil à son médecin car son épouse, l'Impératrice Yohki-hé, ne savait pas avoir d'enfants. Le médecin, conseilla alors de placer une orchidée dans les appartements de l'Impératrice. Selon la légende, il s'agissait d'une orchidée que l’on nomme de nos jours le Cymbidium ensifolium. L'orchidée développa rapidement treize fleurs et quelques mois plus tard l'Impératrice mit au monde le premier de ses treize fils.



Dans l'Antiquité et pendant le Moyen Âge, les orchidées, comme beaucoup d'autres plantes, ont été principalement employées pour leurs propriétés supposées médicales et aphrodisiaques.
Les Orchis sont des orchidées auxquelles on attribuait une grande vertu aphrodisiaque. Les tubercules entraient dans la composition de nombreux philtres d'amour.
Les orchidées étaient synonymes de fertilité et de virilité, elles étaient utilisées pour traiter les problèmes de sexualité : l'impuissance, la frigidité, la stérilité.
Au premier siècle des années de notre ère, les Orchidées sont mentionnées par Dioscoride, un médecin grec, chirurgien dans l'armée Romaine de Néron, qui a rassemblé bon nombre d'informations sur des plantes médicinales.
Dioscoride, écrivit une œuvre en 5 volumes : De Materia Medica. Il y décrivit longuement l'Orchis longicruris qu'il appelait "Priapiskos" (petit Priape ou Satyrion des Anciens). La vague ressemblance de la fleur avec la silhouette humaine lui conférait des vertus magiques et aphrodisiaques. L'ingestion des tubercules séchés par un homme ou par une femme, déterminait le sexe de l'enfant à naître.



Selon Théophraste, le Satyrion était l'aphrodisiaque parfait, il permettait au bienheureux qui l'avait ingéré d'effectuer soixante-dix coïts consécutifs.
Un autre auteur Romain suggérait de frotter le satyrion sur les semelles des pieds pour produire l'éveil érotique.
Une autre source mentionnait qu'il est suffisant de tenir une partie de la plante en main pour produire les effets érotiques désirés.
L'utilisation la plus commune à l'époque était de pulvériser la racine séchée du Satyrion et de l'ajouter au vin.
En observant les tubercules de l’Orchis et leur ressemblance avec les testicules humains, Théophrastus et Dioscoride émirent l'hypothèse (issue de la Doctrine des signatures) que ces plantes influençaient la sexualité. Cette hypothèse a prévalu pendant les seize siècles suivants.

De 1368 à 1644, pendant la dynastie Ming de nombreux documents font référence à l'utilisation d'orchidées comme herbes médicinales.
Les Cymbidium sont utilisés pour les rhumatismes, les névralgies et les maladies vénériennes. Les crispa sont utilisés pour la diarrhée et les fièvres. D'autres orchidées sont réputées pour leur parfum.

La première référence aux orchidées dans l'hémisphère occidental est le codex Aztèque Badianus de 1552. Il mentionne que la vanille était employée comme un assaisonnement, comme parfum et entrait dans la fabrication d'une grande préparation le tlilxochitl, une boisson à base de cacao.
Le premier livre américain de plantes médicinales de Martin Cruz signalait qu'en médecine aztèque la Vanille planifolia était utilisée comme herbe médicinale dans le traitement de l'hystérie, des fièvres, de l'impuissance et des rhumatismes.
Au Mexique, on mêlait la vanille au chocolat, pour en augmenter les pouvoirs. L'Europe craqua devant l'irrésistible gousse parfumée. La marquise de Montespan en parfumait l'eau de son bain pour augmenter sa libido. Les propriétés aphrodisiaques de la vanille ont fait le tour du monde. Elle est encore utilisée actuellement en Amérique du Sud comme remède contre les problèmes d’érection. De plus, son exploitation massive en parfumerie n’est certainement pas anodine… Toutefois, aucune étude n’est venue confirmer le pouvoir des gousses de vanille sur la libido.
La vanille contient des essences volatiles c'est pourquoi elle est utilisée en parfumerie. Le physicien allemand Bezaar Zimmermann affirme dans son livre On Experiences paru en 1762 que plus de 342 hommes déclarés impuissants devinrent des amants modèles après avoir bu des décoctions de vanille.



Encore aujourd'hui, dans certaines contrées de l'Amérique Centrale et de l'Amérique du Sud, notamment au Mexique, en Argentine et au Venezuela, les hommes tentent de ranimer leur vigueur passée en faisant macérer quelques gousses de vanille dans un verre de tequila ou tout autre alcool blanc pendant près d'un mois. Ils prétendent qu'en prenant de 10 à 15 gouttes de cette macération chaque soir, ils conservent la forme…

De nombreux médecins, Otto Brunfels, Léonard Fuchs, John Gérard ont mentionné l'utilisation des orchidées tropicales comme remèdes médicinaux : l'Encyclia citrina, le Laelia autumnalis, la Stanhopea hernandezii, l'Arpophyllum spicatum, la Bletia catenulata, la Cranichis speciosa et l'Epidendrum pastoris étaient également signalés comme remèdes médicaux.

En 1597 John Gérard publie Gerard's herbal. L’auteur y signale que les orchidées étaient appelées “Satyrion femina” parce qu’elles entraient dans la composition de la nourriture des satyres en provoquant leurs débordements sexuels.



En 1640, Parkinson dans son Theatricum Botanicum signale que les orchidées peuvent être utilisées pour faciliter la fertilité et la virilité.

On a longtemps cru que les orchidées poussaient là où les animaux qui copulaient avaient laissé tomber leur semence. Le British Herbal Guide de 1653 conseillait d’utiliser les orchidées avec précaution. " Elles sont chaudes et humides quand on les utilise, sous la domination de Vénus, et elles provoquent une violente lubricité".

Voltaire signale dans son Dictionnaire Philosophique que "Le Satyrion fut regardé chez les Grecs et chez les Romains comme le philtre le plus puissant ; on l’appelait la plante aphrodisia, racine de Vénus. Nous y ajoutons la roquette sauvage c’est l’eruca des Latins (Et venerem revocans eruca morantem.). Nous y mêlons surtout un peu d’essence d’ambre".



Depuis longtemps, les Turcs, les Perses, utilisent le salep. Quand les tubercules d'orchidées, comme ceux de l'Orchis purpurea, sont bien gonflés au moment de la floraison, ils sont bouillis puis séchés, enfilés sur un fil et enfin réduits en poudre. On recueille une fécule composée de mucilage, d'amidon et de substances diverses. Le salep a des propriétés aphrodisiaques, selon la théorie ancienne de la similitude, puisque les tubercules ont vaguement la forme de testicules. Le fort pourcentage de mucilage permettait une préparation qui était utilisée en décoction émolliente contre les inflammations de l'intestin.
Au XIXe siècle, la boutique des chocolats de prestige Debauve & Gallais, fournisseur des anciens Rois de France, fabriquait des chocolats de santé au Salep de Perse.
La chocolaterie Menier vendait des chocolats pectoraux au salep
À Istanbul, on peut encore déguster un salep, boisson brûlante, crémeuse à base de bulbes d'orchidées et de cannelle et de la glace aux "Testicules de renard".

Et puis, Mesdames n'oubliez pas… Pour les douleurs menstruelles, il suffit d’appliquer un cataplasme de "couillons de renard" sur les seins...






Par Viviane - Publié dans : Orchidées
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Mercredi 21 décembre 2005 3 21 /12 /Déc /2005 15:57


Trichoceros parviflora

Carl von Linné proposa au XVIIIe siècle de nommer tous les organismes vivants par deux termes désignant le genre et l’espèce. Ces deux noms sont écrits en latin (langue scientifique et universelle du XVIIIe siècle) et en italique
De nombreux homonymes et synonymes ont été publiés les siècles passés, aujourd’hui les noms sont régis par l’ICBN (le Code International de Nomenclature Botanique) qui révise tous les 4 ans, par une commission internationale, les noms scientifiques des végétaux.

Les orchidées sont soit des espèces botaniques soit des hybrides

Les espèces botaniques

Les orchidées espèces sont désignées par deux noms latin écrits en italique : le premier nom désigne le genre auquel l’orchidée appartient, la première lettre est une majuscule. Le nom du genre peut rappeler le nom de découvreur.
Le deuxième nom désigne l’espèce, il est écrit entièrement en minuscule. Ce deuxième nom est soit un terme descriptif, soit un terme rappelant le découvreur.

Exemples :

1- Cattleya aclandiæ
Il s’agit donc d’une orchidée du genre Cattleya et de l’espèce aclandiæ
Le nom du genre rappelle ici le nom de Lord William Cattley
2- Anguloa clowesii
Il s’agit d’une orchidée du genre Anguloa et de l’espèce clowesii. Dans ce cas le nom de l’espèce rappelle le nom du découvreur : Rev.John Clowes

Parfois les deux noms sont suivis d’un troisième terme désignant la variété
Exemples :
a- Catasetum saccatum ‘christyanum’
‘christyanum’ est le nom donné à la variété de couleur plus terne. Ce nom rappelle celui du découvreur Thomas Christy
b- Spiranthes cernua ‘odorata’
‘odorata’ est ainsi nommé pour la variété parfumée.


Les orchidées hybrides

1- Hybrides intragénériques (croisement entre orchidées d’un même genre)

Les orchidées hybrides sont désignées
- soit par les deux noms d’espèces (ou d’hybrides) reliés par un « x ».
Paphiopedilum callosum x Paphiopedilum lawrenceanum ; dans ce cas, le premier nom est le parent femelle
- soit par un nom variétal Cattleya Dominiana autre nom pour l’hybride C. intermedia x C. maxima
Le nom variétal est choisi par le premier qui enregistre l’hybride auprès de la Royal Horticultural Society de Londres après l’avoir créé.
Dominiana rappelle le nom de John Dominy qui créa le premier hybride d’orchidées.
Le nom variétal ou nom de grex est écrit en caractères romains et porte une initiale majuscule (grex en latin signifie « troupeau »).

2- Hybrides intergénériques (croisement entre orchidées de genres différents)

Le nom d’un hybride formé par deux genres différents est un nom formé par la combinaison des noms des parents

Laliocattleya (= Lælia x Cattleya)
Episophronitis (= Epidendrum x Sophronitis)
Schombocattleya (= Schomburgkia x Cattleya)

Laeliocattleya Exoniensis est l’hybride de Cattleya mossiæ x Lælia crispa

Le nom d'un hybride trigénérique est soit une formule condensée dans laquelle les trois noms adoptés comme corrects des genres parents sont combinés en un seul mot ne dépassant pas huit syllabes, soit un nom formé comme celui d'un nothogenre dérivé de quatre genres ou plus, c'est-à-dire, un nom de personne auquel on ajoute la terminaison -ara.

Sophrolaeliocattleya (= Cattleya x Laelia x Sophronitis);
Vascostylis (= Ascocentrum x Rhynchostylis x Vanda);
Rodrettiopsis (= Comparettia x Ionopsis x Rodriguezia);
Wilsonara (= Cochlioda x Odontoglossum x Oncidium )

Le nom d'un hybride intergénérique dérivé de quatre genres ou plus est formé du nom d'une personne, auquel on ajoute la terminaison -ara (un tel nom ne peut excéder huit syllabes). Il est considéré comme une formule condensée.

Potinara est le nom d’un hybride formé par
Brassavola x Cattleya x Laelia x Sophronitis

Potinara rappelle le nom de Félix Potin

Les cultivars
Les cultivars sont des orchidées clonées

Exemples

a) Dendrobium nobile var. sanderianum ‘Emily Hale’

Dendrobium est donc le nom du genre, il est écrit en latin et en italique, la première lettre est une majuscule
nobile est le nom de l’espèce, il est écrit en latin et en italique, la première lettre est une minuscule
Sanderianum est le nom de la variété, il est écrit en latin, en italique et en minuscules
 ‘Emily Hale’ est le nom de cultivar, il est écrit en caractères romains. Ce nom n’est pas en latin, les premières lettres sont des majuscules et le nom est entre guillemets simples

b) Dendrobium Bridge of Allen ‘Premier’

Dendrobium est le nom du genre
Bridge of Allen est le nom de grex (nom variétal)
‘Premier’ est le nom de cultivar

Cultivars sélectionnés
Le nom d’une orchidée est parfois suivi d’un acronyme signifiant que la plante a été primée. De nombreuses orchidées sont en fait présentées à des concours. Le plus ancien jury est la Royal Horticultural Society (RHS)

Exemple  
Blc Aloha spirit ‘M.G.R.’ AM/AOS

Les parents de cet hybride Blc sont Lc Mildred Rives x Bc Donna Kimura
Le créateur est MGR Orchids de Floride
AM/AOS est la récompense.
Le sigle AM est le nom de la récompense (Award of Merit), le deuxième AOS indique l’organisme qui a délivré la récompense (American Orchids Society)

Quelques distinctions
FCC        First Class Certificate
AM         Award of Merit
HCC        Highly Commended Certificate
AD        Award of Distinction
ACC        Award of Cultural Commendation
ASR        Award of Special Recognition    
CBM        Certificate of Botanical Merit
CCM        Certificate of Cultural Merit
CHM        Certificate of Horticultural Merit
CBR         Certificate of Botanical Recognition
JC        Judges Commendation
AQ        Award of Quality
 

Par Viviane - Publié dans : Orchidées
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Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /Déc /2005 20:02

L'orchidée hybride est un individu résultant du croisement entre deux orchidées d'espèces ou de genres différents.
L'hybride naturel est le résultat du croisement entre deux individus d'espèces appartenant au même genre (hybrides intragénériques) ou à des genres différents (hybrides intergénériques) partageant le même milieu naturel.
L’hybride artificiel est le résultat du croisement entre deux individus d'espèces ou de genres différents. Les espèces produites sont différenciées par leur impossibilité à se reproduire entre elles naturellement, soit parce que naturellement elles sont géographiquement éloignées, soit parce que les parents appartiennent à des genres et espèces trop différenciées.
Plus les espèces sont proches, plus l'hybridation a de chances de réussir.
Il est toujours impossible de croiser une orchidée tropicale avec nos orchidées indigènes.
Grâce à l'évolution de la recherche sur la génétique et sa compréhension grandissante, l’hybridation est depuis longtemps une pratique bien maîtrisée.
Le Yeeara (Yra) est le résultat du croisement de 7 espèces différentes :
(Brassavola x Broughtonia x Cattleya x Epidendrum x Lælia x Schomburgkia x Sophronitis).
Il existe aujourd’hui plus de cent mille hybrides d’orchidées. Plus de trois mille orchidées hybrides sont créées chaque année et sont enregistrées par la Royal horticultural Society de Londres, d’autres bien sûr sont créées anonymement.

L'hybridation dans l'histoire
Des traces d'hybridation ont été notées dans la fabrication du fromage 800 ans avant notre ère et les premiers balbutiements de cette pratique remontent à 2000 ans avant notre ère, chez les Égyptiens avec la fabrication du vin et de la bière.
À la fin du XIXe siècle, on ne savait que peu de chose sur la propagation des plantes à l’exception des semis.
En 1844, NEUMANN, jardinier français, obtint des plantules d’orchidées en jetant "les graines sur les mottes dont les Orchidées sont entourées". Ce procédé fut repris par John DOMINY, cultivateur attaché à la pépinière VEITCH.
John DOMINY créa le premier hybride artificiel en 1856. C’était un croisement entre le Calanthe furcata et le Calanthe masuca, il fut baptisé du nom de son créateur Calanthe Dominyi.
On se rendit bientôt compte que le nombre de combinaisons possibles et réalisables était astronomique. Le botaniste John Lindley, écrivit à Dominy « Vous allez rendre fous les botanistes ».
La germination des orchidées est restée longtemps un mystère, ce n’est qu’en 1899 que Noël BERNARD, botaniste français, découvrit par hasard au microscope, l’association des graines de Neottia nidus-avis, avec un champignon appartenant au genre Rhizoctonia.
L’association de champignons mycorhiziques avec des racines des plantes adultes était déjà connue, mais on ignorait la nécessité de la présence d’un champignon pour déclencher la germination de la graine d’orchidée.
La découverte de Noël BERNARD expliquait ainsi pourquoi des graines germaient parfois au pied des plantes mères d’orchidées et nulle part ailleurs. Noël BERNARD démontra que le Rhizoctonia était indispensable à la germination des graines, car il fournissait à la plantule les éléments énergétiques et vitaminiques indispensables à son développement.
La découverte de la germination des orchidées permit d'envisager des semis symbiotiques, étape importante de la culture des Orchidées.
Lewis Knudson, biologiste américain, poursuivit les travaux de Noël Bernard et obtint en 1922 les premières plantules en milieu de culture artificielle.
Georges Morel, chercheur français, découvrit en 1955 le moyen de multiplier des plantules en milieu gelosé à partir des méristèmes. Le méristème est un tissu végétal formé de cellules indifférenciées et situé dans les régions de croissance de la plante, siège de divisions cellulaires rapides et nombreuses. La culture de méristèmes faite à partir d'un méristème apical de 0,2 à 0,4 mm est une technique de multiplication végétative in vitro. La culture de méristèmes est par conséquent une méthode de culture efficace que la culture d'explants et donne des rendements très élevés.
Les horticulteurs ont multiplié ainsi les orchidées en grande quantité et ont permis la création de très nombreux hybrides.

Découvrez 144 hybrides dans la rubrique Diaporamas

Par Viviane - Publié dans : Orchidées
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