Petit retour aux orchidées ...
DescriptionLa
Vanille est une plante originaire d’Amérique cen-trale, Yucatan, Guatemala, Costa Rica, où elle pousse à l’état sauvage le long des arbres, jusqu’à 15 m de haut.
On la trouve aussi aux îles de Cuba, à la Ja-maïque, à Saint-Domingue où elle se plaît dans les terrains humides.
HistoriqueLa
Vanille est une orchidée appelée
Tlilxochitl par les Aztèques (tlili : noir, xochitl : gousse).
Les civilisations pré-colombiennes l’utilisaient depuis probablement des millénaires.
Les Totonacos, peuplade indigène des côtes de l’est, connaissaient les valeurs aromatiques et gustatives du fruit de la vanille bien avant l’arrivée d’Hernando Cortes.
Son utilisation par les Aztèques fut rapportée pour la première fois dans le Vieux Monde par un officier de Cortes qui observa le dernier Empereur aztèque, Montezuma, boire un breuvage appelé « chocolat », fait de fèves de cacao grillé et de gousses de « tlilxochitl ».
Les Espagnols lui attribuèrent le nom de Vaynilla (petite gousse).
En 1703, le père Plumier lui donna le nom de
Vanilla.
Aucune des vanilles introduites en Europe ne donna de fruits. Il manquait un élément essentiel à sa fé-condation : une abeille endémique du Mexique appelé la Mélipone.
Les abeilles Mélipone sont propres aux régions tropi-cales, elles ont un caractère fort appréciable : elles sont inoffensives car ne possèdent pas de dard, elles produisent du miel et sont les seuls pollinisateurs des fleurs de
Vanille qui les attirent en émettant un parfum.
La forme de trompette du labelle, délicatement teintée de vert pâle et de jaune, est adaptée au corps de l’abeille.
La
Vanille est donc naturellement fécondée par les abeilles Mélipone, d’où l’échec d’implantation du va-nillier dans certaines contrées où l’on avait trans-planté les plants mais oublié les abeilles.
Pendant quatre siècles des savants du monde entier tentèrent sans succès la fécondation et se sont heurtés à cette énigme.
Il n’est pas inintéressant de savoir comment la vanille fut propagée à travers le monde :
Les Espagnols importèrent de la Vanille en Espagne dès la seconde moitié du XVI siècle, pour la manufacture de boissons chocolatées et parfumées à la
Vanille.
Dans son « Rerum Medicarum Novae Hispaniae Thesaurus », le médecin Francisco Hernandez envoyé au Mexique par Philippe II d’Espagne rapporta une description détaillée de la vanille.
Dès la fin du XVI siècle, l’Angleterre connaissait la
Vanille et H.D Morgan, Pharmacien d’Elizabeth I d’Angleterre la recommandait comme excellente "flavor" alimentaire (du mot français disparu "flaveur", qualifiant une perception composée du goût et de l’odorat).
Il faut attendre encore presque deux siècles avant que de voir fleurir une
Vanille dans la serre de Charles Greville à Padington en 1807, sur des plants fournis par le Marquis de Blandford revenant des Antilles.
Greville fit don de boutures au jardin botanique de Paris et à celui d’Anvers.
Deux pieds furent envoyés à Buitenzorg (Indonésie).
En 1819, un seul pied survécut au voyage. Ce dernier fleurit en 1825, mais ne donna aucun fruit !
Des plants de
Vanille furent introduits à la Réunion et à l’Île Maurice en 1827, à la Martinique et Guadeloupe en 1839, puis à Madagascar en 1840.
Aux Seychelles, la culture commence en 1866, avec une première exportation en 1877 en augmentation jusqu’à la fin du siècle, avant de décliner.
La
Vanille fut introduite aux Philippines par les Es-pagnols puis fut, de là, introduite à Tahiti par Hamelin en 1848 où elle se répandit rapidement dans les îles donnant lieu à une intense culture et commerce.
La
Vanille fut importée à la Réunion (île Bourbon) dans le début 1800 par le commandant Pierre-Henri Philibert (le 26 juin 1819) et par à l'ordonnateur Marchant, à la demande de David de Floris. Il ramena du muséum de Paris la "
Vanilla planifolia" (petite Vanille).
Ce sera cette espèce qui réussira le mieux à la Réunion. Les deux autres espèces importées sont la vanille pompona et la tahitensis.
À la fin de ce siècle, la
Vanille existait sur toute la planète dans les zones intertropicales.
Il apparut rapidement qu’aucune de ces vanilles, qui poussaient fort bien sous les tropiques de l’Ancien Monde, ne donnait des gousses.
C’est à Liège, en 1836 que la nécessité d’une fé-condation manuelle des fleurs fut comprise, par le Pr. C Morren.
C’est toutefois à Edmond Albius en 1841 que revient tout le mérite de la découverte et propagation de la technique de pollinisation manuelle des vanilles.
Une des nombreuses légendes qui courent dans l'île affirme que le jeune homme, un esclave, puni par son maître, se mit à triturer les fleurs pour se venger, ce qui déclencha une fécondation involontaire.
Une autre histoire raconte que Albius eut l’idée, avec une épine de citronnier, de soulever la petite membrane (rostellum) séparant les organes mâles et femelles de la fleur, permettant ainsi la fécondation de la
Vanille.
Ce qui est certain, c’est qu’il n’eut droit à aucun traitement de faveur.
À l’abolition de l’esclavage, le 20 décembre 1848 à la Réunion, Albius fut libéré comme les autres esclaves sans aucun encadrement ni métier. Il périt dans la misère en 1880 alors que l’île Bourbon s’enrichissait grâce à la
Vanille.
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